Le mot
Un bring est donc une soirée où il n'est pas nécessaire d'être invité, le simple fait d'être au courant (et de ne pas venir les mains vides) suffit.
L'ennui étant que ces soirées étant trop rares aux yeux des amateurs (et trop marquantes pour la caution des appartements), les rêves parfois s'enflamment, et grâce au téléphone arabe (ou aux murmures chinois signale Jules de What's next) une simple soirée se tranforme à l'insu de son initiateur.
Ou encore, dit plus joliment...
Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l'oreille du plus mystérieux
De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce MOT - que vous croyez que l'on n'a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre -
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre ;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle !
Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera ;
Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,
Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive
Et railleur, regardant l'homme en face dit :
"Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel."
(Le Mot, Victor Hugo)
Tout ça pour dire que j'avais prévu une soirée ce soir...