Politique

Jeudi 18 juin 2009
La curiosité, la volonté de me dérouiller les neuronnes et un bonne pile de linge à repasser m'ont récemment amené à regarder Home, le film documentaire évèvenement de Yann Arthus Bertrand. Inutile je pense de rappeler en quoi consiste le premier et qui est le second (si vous revenez d'un exil en Sibérie, je vous renvoie aux fiches Wikipédia. Si vous ne savez pas ce qu'est Wikipédia, je ne peux pas faire grand chose pour vous). Avant tout, Home, c'est un film qui a le mérite d'exister.
 
Evacuons avant toute chose les diverses polémiques qui ont éclos la semaine passée. Oui, PPR se paie une bonne conduite en finançant le film, et alors ? A nous (et aux journalistes) de ne pas se faire avoir par ce verdissage en bonne et due forme. Oui, PPR fait feux de tout bois en proposant des produits dérivés de luxe mais bon, un T-shirt Gucci estampillé HOME à 140€ : c'est ridicule, n'est-ce pas ? Quant à l'influence supposée du documentaire sur les élections européennes, c'est faire bien peu de cas de l'intelligence des électeurs (je vous demande si les votes UMP ont été favorisés par Les Experts ? [d'autres idées d'influences possibles sur écrans.fr)
 
Home, attendu avec impatience, encensé et décrié tant avant qu'après sa sortie en grande pompe mérite qu'on s'y arrête quelques instants. Qu'est-ce qu'Home ? des images, une musique et une voix off. Un film me direz-vous ? Hum, pas franchement. Tous les plans sont fixes (si l'on excepte parfois les moutons qui se déplacent dans une plaine ou les gouttes d'eaux projetées par une cascade) [Les mauvaises langues diront qu'il a fait des travelling sur des photos de La Terre vue du ciel] et ne sont reliées que par l'histoire que nous déroule la voix off.
 
Autant le dire tout de suite, Arthus Bertrand, qui dicte le texte français détruit toute la poésie des images et agace au plus haut point. Comédien, c'est un métier ! Les anglophones ont droit à "la narration surréelle et pourtout émotive de Glenn Close" (commentaire IMDB) tandis que nous n'avons qu'un texte surjoué et des accentuations que Cabrel ne renierait pas. Voila une tarre que ne devrait pas avoir la version cinéma où officie Jacques Gamblin.
 
Passe encore l'amateurisme de la voix off si le commentaire n'était pas aussi mielleux et le ton sacerdotal. « On communie ad nauseam devant la beauté bio, écolo-guimauve d’un atoll en forme de cœur. La transe est accentuée par la musique, onirique à souhait, toute en trémolos vocaux et arrangements planants. » écrit assez méchamment (mais pas sans raison) Iegor Gran dans une tribune publiée dans Libération. Il faut dire que le lyrisme est parfois d'un goût douteux et les métaphores pas de première originalité (« l'arbre de la vie », « le levain de notre vie », « la terre ne calcule le temps qu'en millions d'années »...).
 
Home ce sont des images (splendides bien entendu), mais surtout un texte politique qui n'hésite pas à faire appel à l'anaphore, la figure de rhétorique du tribun s'il en est, pour appuyer son propos (avec un dialogue intéressant entre « tout s'accélère » dans la première partie et « il est trop tard pour être pessimiste » dans la conclusion). Un texte politique certes, mais qui est entièrement fondé sur l'émotion. Même si la politique-émotion est à la mode de nos jours, on peut sérieusement s'interroger sur l'impact à long terme d'un message délivré par l'émotion et si cette dernière laissera place à un comportement actif une fois le sentiment évaporé.
 
De là, j'avoue préférer grandement Une Vérité qui dérange ou Over [1] qui, tout en faisant grandement usage d'image de toute beauté ne les sublime pas systématiquement par un angle esthétisant propre à Arthus Bertrand (où les images illustrant la pollution sont aussi belles que celles de la nature inviolée), fournissent des éléments de réflexion dépassant le stade du : polluer, c'est mal ; la nature, c'est bien.
 
En même temps, peut-être valait-il mieux ne pas trop s'aventurer dans les tréfonds d'une argumentation approfondie. Si le photographe est attiré par la théorie malthusienne sans s'y risquer vraiment, il tend à réinterpréter le passé avec une grille de lecture actuelle voyant la déchéance de l'île de pâques dans la famine et les émeutes sociales.

Le message est clair, je n'ai pas aimé Home plus que cela. Cependant, ce docu-film a le mérite d'exister ne serait-ce que pour les quelques (centaines/milliers/millions) de personnes qu'il a sensibilisé au problème du réchauffement climatique.

J'étais étonné lors de ma tournée dominicale au marché de remarquer que si Home jaillait çà et là dans la conversion, ce n'est pas les images qui avaient le plus retenu l'attention (c'est beau, rien de neuf), mais bien les statistiques (dans les 5 dernières minutes) indiquant combien de litres d'eau représentait un kilo de viande ou un T-shirt de coton. Tant que l'écologie ne représente qu'une idée abstraite, l'adhésion n'est pas reliée à l'action ; lorsque l'écologie deviendra une variable d'arbitrage (à la manière du classement de A à G de l'efficacité énergétique des appareils ménagers) et ce à chaque instant, les réactions citoyennes se concrètiseront, Rien n'est perdu.

Parce que toute l'écologie tourne autour d'une opposition frontale entre la dégradation de l'environnement et l'espoir d'un redressement, j'aimerais terminer ce billet qui fait revivre ce blog un tantinet endormi par une conclusion profiteroles.

« - Mais enfin, est-ce que je parle assez clairement oui ou non ? gueula Morel. La seule chose qui m'intéresse, c'est la protection des élephants. [...] C'est pourtant assez clair ?
- Oui, dit le Danois, avec un peu de tristesse. Bien sûr. Mais il ne sera pas convaincu. Je connais tout ça depuis bien longtemps. En Finlande, lorsque je défendais les forêts et que les fonctionnaires russes m'expliquaient patiemment que la pâte à papier, c'est tout de même plus important que les arbres, c'était la même chose... Ils n'ont compris que lorsqu'il n'est resté presque plus de forêts. Ça continue, quoi. Et les baleiniers m'expliquaient que la graisse de baleine était nécessaire sur le marché, que c'était beaucoup plus important que les baleines...
»
Tiré des Racines du ciel de Romain Gary qu'un billet aguichant d'Aliocha a mis en haut de ma liste de lecture récemment.

Et un message d'espoir à voir absolument.


[1] Dans le même genre qu'Over et sur internet, essayez ce blog-ci.
Par Alexandre
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Dimanche 16 novembre 2008
Les Australiens dorment quand pendant notre journée, tout le monde sait ça. Et pourtant je viens de le redécouvrir cette année grâce au copain (australien) de ma collocataire.

Je ne cesse de m'étonner de cette capacité que nous avons de connaître des faits sans pour autant les assimiler. Que m'importent au quotidien les 9 heures de décalage avec Sydney si cela n'a aucune influence sur mon programme de la journée ? Mais quelle surprise d'entendre les amoureux se souhaiter [1] bonne nuit tous les matins et bonne journée tous les soirs !

Dans le même ordre d'idée, certains se sont demandés pourquoi, dans un contexte de prise en compte de plus en plus grand des préoccupations écologiques, personne ne change réellement son mode de vie, sa voiture, ses voyages en avion à bas coûts etc.

Le pic de production (seuil à compter duquel la production décroît mécaniquement), je connais. Hier, j'ai testé.

Molleindustria est un studio de développement de jeux internet politique. Leur objectif affiché est d'explorer le potentiel de persuasion en détournant le genre du jeu vidéo. Ils comptent à leur actif des jeux aux noms doux comme McDonald's, Opération PedoPriest ou Faithfighter.

Dans oiligarchy leur dernières production, vous êtes PDG d'une des grandes compagnies pétrolières au sortir de la seconde guerre mondiale. Votre objectif est de satisfaire la demande tout en augmentant la dépendance au pétrole. Pour cela, tous les coups sont bons : financements divers, coups d'états, corruption, mercenaires.


Au début les perspectives de croissance sont importantes, puis, avec les années, les zones de prospections se réduisent, les rendements aussi, et le pétrole disparaît.

Je fais quoi, après ?

Les journalistes appellent ça le choc de la réalité...

[1] : Bénie soit la dartybox...
Par Alexandre
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Samedi 9 août 2008
Rien à faire, je ne boycotterai pas les JO. Ce n'est pourtant pas les raisons qui manquent : libertés individuelles, Tibet, Ouïghours (qu'on oublie trop souvent), Darfour. Pour reprendre le Tibet, dont on peut dire que c'est la cause la plus répandue. Je ne pense pas que mon engagement surpasse celui de n'importe quel sympathisant : s'émerveiller devant Kundun, apprécier l'esprit du dalaï-lama, etc.

Dans ces temps-là, j'avais d'ailleurs participé à l'organisation d'une conférence sur la situation au Tibet avec un des responsables de France Tibet en intervenant. C'était en 2001 ou 2002 ; la Chine venait d'obtenir les Jeux Olympiques. Comme beaucoup, je voulais croire en une Chine prête à tourner la page. N'avait-elle pas promis qu'on ne trouverait aucun prisonnier politique dans ses geoles ? Sans illusion, le militant répondait que la Chine viderait en effet ces prisons, mais pas de la manière souhaitée.

Les jeux auraient donné un surplus de visibilité aux émeutes (et à leurs répression) de Lhassa. Certes, mais compte tenu de la prise d'importance de la Chine dans les consciences, je ne suis pas certain que l'on en aurait moins parlé. Les jeux ont permis de mettre en évidence les mensonges des dirigeants chinois, mais à quel prix ? [1]

Alors pourquoi ne pas boycotter les jeux olympique ? Eh bien, je ne peux pas. L'idée de regarder les jeux olympiques me semble aussi incongrue que de proposer à Jean Yanne de passer par une départementale. Si je ne les regarde pas, comment pourrais-je décider de m'en abstenir ? Ce serait comme rappeler à un végératarien de manger du poisson le vendredi saint ou à un non musulman de ne plus faire ramadan.

Le boycott sans effort est l'apanage du militant en pantoufle : celui qui réclame un embargo pour faire pression sur Pékin malgré ses frusques made in China et se vautre dans le confort intellectuel d'une protestation de façade.

En revanche, je n'aurais que des louages pour qui fait pression sur les entreprises sponsors des jeux. Ce sont les seules à avoir une quelconque influence. He who pays the piper calls the tune.

Puisque l'on parle des jeux ? Y a-t-il toujours quelque chose de bon à en tirer ? Rien n'est moins sûr. Les valeurs fondamentales ont été corrompues tant d'un point de vue économique que d'un point de vue politique.

Comment interpréter autrement l'agression de la Georgie par la Russie le jour de l'ouverture qui, dans la Grèce antique, était le début d'une trêve, comme un combat médiatique d'un ex-empire décider à gâcher la célébration de la puissance retrouvée de son voisin ? Entre les deux, ce n'est pas le grand amour...[Edition du 12/08 : j'ai parlé trop vite. De ce que j'ai compris, c'est la Georgie qui a commencé mais la Russie à tout fait pour et n'attendait que ça]

J'ai bien entendu regardé des photos de la cérémonie sur le magnifique Big Picture. C'est joli mais dérangeant. La cérémonie semble trancher avec les monstruosités auxquelles ont avait droit jusqu'à présent (qui se souvient des échassiers en France pour le mondial de football ?).

Cependant, se dire que ces jeux ont coûtés près de 40 milliards d'euros (10 fois plus que prévus) alors que tant de choses restent à faire. S'émerveiller devant les nouvelles réalisations architecturales en occultant la destruction systématique de l'habitat traditionnel ? Certes, on a l'habitude. Mais Haussman lui-même n'a pas touché une aussi grande superficie de la ville.

En un mot, je n'ai rarement autant souhaité apprécier le sport.

[1] Je vous épargne "Le jeu en vaut-il la chandelle" qui aurait été déplacé.

[Edition du 13/02 : Comment mettre mal à l'aise les sponsors]
Par Alexandre
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Mardi 5 août 2008
Les Pays-Bas sont un pays fantastique ! Tout le monde y parle anglais depuis le plus jeune âge, tout les films passent en anglais, les cours à l'universités sont modernes en anglais.

En discutant il y a peu avec un Irlandais, j'étais assez estomaqué par un de ses emplois d'été. Comme beaucoup d'étudiants, il profitait de la trêve estivale pour se précipiter sur ces offres qui permettent de compenser toutes les Guinness achetées au pub tous les manuels d'économie nécessaire à son instruction.

C'est ainsi qu'une des nombreuses agences de recrutement de l'île (trop nombreuses, j'en sais quelque chose), l'avait redirigé vers une entreprise de télémarketing. Un emploi des plus basiques consistant à remplir des questionnaires par téléphone. Vous savez, ceux qui appellent toujours au moment le plus inopportun.

Un emploi sans surprise donc, sauf que mon interlocuteur ne s'attendait pas à se voir attribuer le marché hollandais !

Et lui de s'exclamer "Mais je ne parle pas néerlandais !"

Et bien, non, mais c'est pas grave puisque, c'est bien connu, tout le monde parle anglais là-bas... La conclusion qu'il en retirait c'était qu'il lui fallait juste lancer un Goedemorgen, et les autochtones enchaînaient en anglais.

En 4 mois, seules 3 ou 4 personnes n'ont pas pu lui répondre.

Je trouve tout de même édifiant que ce soit à celui dont on sollicite l'avis de s'adapter à l'enquêteur et même attristant que tous s'y soient plié sans broncher.

En bon franchouillard défenseur de notre belle langue à qui il arrive de répondre en français à celui qui m'aborde directement dans sa langue, j'avoue que je n'aurais aucun remords, si telle aventure devait m'arriver, à répondre cordialement : "Sorry, I don't speak a word of English" !

Et vous ?
Par Alexandre
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Jeudi 5 juin 2008
On en parlait déjà il y a moins de deux mois, les niches fiscales reviennent sur le devant de la scène avec un nouveau rapport remis par la commission des Finances de l'Assemblée Nationale. Rapport qui permet au Figaro de titrer avec emphase : "150 millionnaires ne paient pas d'impôt sur le revenu". Les salauds !

Ce n'est pas un bon citoyen qui ferait cela. D'ailleurs, c'est décidé, dorénavant au musée je refuse le tarif étudiant pour exiger de payer plein pot !

Bref, c'est l'hallali. Haro sur les niches fiscales. C'est d'ailleurs Christine Lagarde qui nous le disait tout début avril. Bon, des 300 et quelques exceptions, on est passé à 5.


Il y a plusieurs raisons qui font que l'Etat a développé progressivement tout un amoncellement de de niches. Il y a tout d'abord un effet de levier. Lorsque vous donnez aux Restos du coeur et que l'Etat en déduit 40% de ce montant de votre feuille d'impôt, l'association est heureuse de recevoir 100, L'Etat "perd" 40 et vous avez l'impression d'avoir fait une économie puisque votre générosité ne coute que 60.

D'autre part, la niche fiscale est un moyen très pratique d'orienter les investissements des divers agents économiques. Ainsi, parce que le soutien du cinéma français est une préoccupation constante, il oriente l'argent en proposant une réduction des impôts pour quiconque investi dans ce secteur.

Cette orientation permet ainsi d'assurer un clientélisme moins voyant. Un manque à gagner est plus discret en effet qu'une dépense nette. D'ailleurs, à entendre les cri d'orfraie des députés concernés au sujet de la possible disparition des réductions d'impôts pour les investissements dans les DOM-TOM, on se rend compte que le phénomène n'est pas marginal.

Le principal problème des niches fiscales n'est pas vraiment la gabegie qu'elle entraine (il est tout à fait possible de passer par d'autre moyens). Ce qui est plus dérangeant, c'est le fait basique que pour bénéficier d'une réduction d'impôt, encore faut-il le payer, cet impôt. Vu que la moitié de la population n'est pas imposable, ça limite déjà pas mal.

Alors, certes, le foyer qui n'est pas imposé ne risque pas d'investir dans le cinéma, ni en outre-mer. Mais pourquoi les familles qui ne sont pas imposables, qui ne sont donc pas dans la partie aisée de la population, devraient-elles payer deux fois plus cher les cours particuliers qu'elle voudraient imposer  faire suivre à leurs enfants ?

Pas d'impôt, pas de réduction de 50%. Pas de bras, pas de chocolat comme dirait l'autre...

Le pire étant que les statistiques auraient plutôt tendance à montrer (sans tomber dans un déterminisme assez malvenu) que c'est cette moitié-là qui en aurait besoin !

Mais il y a pire encore et c'est Henri Emmanuelli qui avait levé le lièvre dans une séance de l'Assemblée Nationale en octobre 2006 :

"M. Henri Emmanuelli. Je devrais pourtant vous remercier, monsieur le ministre : je viens d’apprendre que, cette année, le fisc me doit 217 euros au titre de l’impôt sur le revenu.

M. le ministre délégué au budget et à la réforme de l’État. C’est bien ! Vous allez pouvoir consommer et participer à la croissance !


M. Henri Emmanuelli. C’est formidable ! Sur un impôt de départ de 11 000 euros, après déduction de 6 000 euros pour la femme de ménage déclarée et bien payée, des cotisations au groupe parlementaire et au parti, du paiement de l’atelier protégé départemental, à l’arrivée, c’est l’État qui me doit 217 euros. Et l’année prochaine, je vais payer 14 euros par mois au titre de l’impôt sur le revenu.


M. le ministre délégué au budget et à la réforme de l’État. Nous ne voulons pas savoir, cela relève du secret fiscal !


M. Henri Emmanuelli. Pour ce qui me concerne, j’ai le droit de le rompre. Pendant ce temps, mon chauffeur et mes collaborateurs auront, eux, beaucoup plus d’impôt sur le revenu à payer. Voilà le résultat des niches fiscales ! Ne parlez pas de justice quand vous baissez les impôts sans y toucher ! Et encore, ne suis-je pas concerné par le bouclier fiscal." (Je souligne)

Hugues de com-vat cite aussi un exemple dans le style, avec style, comme toujours...

Quant au bouclier fiscal, justement. Il devait permettre d'éviter que le retraité qui a acquis une cabane de pêcheur sur l'île de Ré soit obligé de tout vendre pour payer l'impôt (le cliché le plus mis en avant), et surtout de limiter l'évasion fiscale qui s'élevait à 843 personnes en 2006 (soit 150 millions de manque à gagner pour le Trésor public)

S'il est trop tôt pour juger de ses effets, on peut regretter que ce dispositif qui éviter payer trop d'impôts ne se soit pas doublé d'un contre-poids qui éviter d'en payer trop peu !

Faut-il pour cela supprimer les niches fiscales ? Non, assurément puisque ces dernières ont quelques intérêts pour l'Etat et peuvent se justifier, cependant, plafonner ou en éliminer quelques unes ne suffira pas à empêcher le dévoiement du système ; pas plus que boucher quelques-uns des trous d'une passoire empêche l'eau de couler.

C'est pourquoi est de plus en plus avancé l'idée d'un plancher fiscal. L'ennui premier de ce genre de mesure étant qu'il risque justement de faire fuir les fortunés qui s'aident de fiscalistes pour réduire leurs contribution au budget de la nation de plusieurs millions, ceux-là même que le bouclier incitait à revenir.

En même temps, l'idée d'une fourchette d'impôt qui s'applique à tout citoyen est rassurante, elle permet notamment de se prémunir contre les nouvelles niches qui seront créées à l'avenir (car, on peut en être sûr, il y en aura !).

Et puis, sincèrement, instaurer une fourchette d'imposition, sachant que celle-ci repose sur des assiettes, c'est tentant, non ?
Par Alexandre
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Jeudi 24 avril 2008
J'avais vaguement entendu parlé de l'intervention prévue de Sarkozy (c'est l'avantage de l'étranger : le bruit médiatique et un peu filtré). Et puis 5 min avant le début, j'ai découvert que France 2 le retransmettait en direct sur internet. Alors j'ai regardé.

Première constatation, des plus agréables : les journalistes sont beaucoup plus agressifs qu'ils ne l'étaient avec Chirac. On ne peut qu'applaudir l'invitation qui a été fait aux journalistes de petites chaînes qui ont montré tout leur potentiel. la deuxième partie où officiaient seuls Pujadas et l'indéboulonnable Poivre d'Arvor était, quant à elle beaucoup beaucoup plus consensuelle.

Sur la forme toujours, Sarkozy a gardé ses tics de langages faussement populo sur le thème du "Ecoutez M'sieu Poivre d'Arvor, j'vais vous dire c'que les Français y-pensent". Bon, sans revenir au début du XXe siècle où les hommes politiques déclamaient leur prose, on pourrait tout de même trouver un juste milieu qui ne soit pas caricatural...

Sur le fond, je ne crois pas un seul instant aux statistiques notamment économiques qu'il a récité sagement. Je ne prononce pas beaucoup plus, des gens beaucoup plus qualifiés que moins sauront aborder le sujet.

J'avoue que le côté paternaliste un tantinet maso au point de se blâmer de tout ce qu'on peut reprocher au gouvernement. (La carte famille nombreuse, c'est ma faute ; le couac OGM, c'est ma faute ; l'exposition de ma vie privée, c'est ma faute - là ok)

Bref, je pense que son objectif était de rassurer ses électeurs, on verra bien dans la semaine ce qu'ils en ont pensé, mais je parierais beaucoup sur le fait qu'il a transformé son essai.
Par Alexandre
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Mardi 11 mars 2008
Tandis que j'expliquais hier que je n'avais pas voté et que cela me manquait, voici la preuve par l'image.

Il a voté et il en est (très) heureux !

hollande.jpg

(dis, François, ça ne te dis pas de participer à une grande campagne à la fois pour le civisme et contre les drogues ? Je te propose comme slogan : "La Marijuana, j'ai arrêté, maintenant : je vote !" - on aurait pu dire cocaïne aussi, mais bon, vu que les pubeux sont parfois consommateurs...)
Par Alexandre
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Dimanche 9 mars 2008

Aujourd'hui, c'était le premier tour des municipales (et des cantonales que tout le monde oublie). Pourtant, je n'ai pas voté. 

Ce n'est pas que je n'aie pas de choix. Bien au contraire, 12 listes se présentent. Donc 5 importantes : la liste officielle de l'UMP, la liste dissidente de droite, la liste officielle du PS, la liste dissidente de gauche du maire sortant qui s'est fait éjecter au nom de la diversité des candidats, le modem qui, malgré l'image de jeunesse qu'il se plaît parfois à mettre en avant, n'a pas hésité à investir un ancien maire. Ah, il y a aussi les Verts qui présentent leur tête de liste dans l'arrondissement. Pourtant, je n'ai pas voté.

Je n'ai pas plus voté aux présidentielles, aux législatives ou encore au référendum. La raison est simple : cela fait 4 ans que je ne vis plus dans ma circonscription. Partant de là, je suis abonné aux procurations. 

D'ailleurs j'en profite pour remercier, indirectement les électeurs frontistes, grâce auxquels les règles d'attributions des procurations depuis 2003 ont été miraculeusement assouplies : plus qu'une déclaration sur l'honneur et pas de justificatifs à fournir. [1] 

Bref, je suis un abonné des procurations, et je n'ai jamais assez remercié ceux qui ont exercé mon droit de vote, parfois contre leurs propres convictions...

Cependant, cette journée a comme un goût d'inachevé. Ce passage dans l'école primaire, ou dans la mairie lorsque j'accompagnais mon père voter me manque. Ca a l'air de rien, mais c'est un rituel de l'ordre de ceux qui rappellent qu'on est dans une démocratie et qu'il est plus compliqué qu'ailleurs de bidonner les résultats. 

La légitimité de l'élu dépend grandement de la confiance placée dans le système. A une époque où plus personne ne surveille le disjoncteur du bureau de vote pour éviter que des assesseurs mal-intentionnés ne bourrent les urnes, la validité des élections semble définitivement acquise.

Que dire alors des urnes électroniques ? C'est moderne, oui, mais tellement obscur. D'ailleurs le contraste entre l'urne en plexiglas et le boitier métallique est saisissant.

Qu'est ce qui vous prouve que votre vote a été comptabilisé par l'ordinateur ? Rien. Et même si les urnes étaient d'une fiabilité à toute épreuve (on en est loin), il reste toujours l'impossibilité pour le quidam de s'assurer de visu que tout est conforme.

Voilà pourquoi le vote électronique est une aberration.

La prochaine fois que je peux voter, je dépouille !

NB : Vous pouvez voter la pétition contre les ordinateurs de vote.
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[1] Je vous rassure ça fait aussi bizarre à écrire qu'à lire...

Par Alexandre
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