Jeudi 17 juillet 2008
Sarkozy a mis les pieds dans le plat en disant tout haut ce que tout le monde pense tout bas : l'Irlande devra revoter.

Etonnamment, ils ne sont pas contents. Et plutôt réactif...


L'appel à manifester propose comme date lundi prochain, qui est aussi la date de passage de Sarkozy venu écouter les Irlandais. En tout cas, il y aura autant d'ambiance dehors que dedans...

PS : Pour ceux qui n'ont pas suivi cette grande fresque, quelques rappels par ici...
par Alexandre publié dans : Dans l'Eire du temps
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Mardi 15 juillet 2008
Quelques semaines déjà que deux collocataires ont quitté une des chambres de la maison. Les candidats ne se sont pas pressé sur le palier comme on aurait pu le penser. Par la joie du bouche-à-oreille, notre détresse immobilière est parvenue aux oreilles d'un couple de slovaque qui vient s'installer dans l'île verte. Ils étaient intéressés.

Ils sont arrivés ce matin. Lui ne parle qu'un anglais hasardeux ; elle a passé un an à Londres, son niveau est intermédiaire. Bah, elle écrira fluent sur son CV, comme tout le monde : un CV intermediate ici, c'est tout juste savoir exprimer des besoins de base.

Mais ils ont la foi. La foi religieuse, certes, comme beaucoup de Slovaques, mais surtout une foi dans le pays qui les accueille qui est indéboulonnable.

Pour eux, l'Irlande c'est la possibilité de trouver un emploi facilement et de voir ses mérites reconnus. C'est un meilleur salaire et peu-être un meilleur statut que ceux qui sont restés au pays.

Ils ont de l'Irlande la même image que donnaient les Etats-Unis il y a 5 ans encore.

Il ne savent pas encore que ce n'est plus un pays de cocagne même si tout y est plus simple, plus rapide et plus prospère que chez eux. Ni que l'immigration commence à énerver les très rares qui sont moins tolérants que leurs compatriotes (et encore, ils ont la chance de ne pas être Polonais...)

Il n'y a qu'une musique pour retranscrire la ferveur qui les animait. C'est la symphonie du nouveau monde de Dvorak.



Le compositeur Tchèque y exprimait son admiration devait le dynamisme des Etats-Unis de la fin du XIXe siècle. Il n'y a pas de meilleur parallèle.
par Alexandre publié dans : Dans l'Eire du temps
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Jeudi 12 juin 2008
Voilà quelques temps que je me passionne pour le référendum irlandais. La campagne comportait de nombreuses similitudes avec celle qui s'est déroulée en France en 2005. D'ailleurs, si le non l'emporte aujourd'hui, il faudra simplement voir le fait que les pro-référendum, à l'inverse des nonistes, n'ont retiré aucun enseignement de leur défaites passées.

J'ai souvent pesté (intérieurement) contre la couverture de la campagne par les médias français. Par le correspondant à Londres de tel quotidien de référence, par un envoyé spécial de tel autre journal qui croit avoir saisi l'atmosphère de la campagne en faisant le tour de St-Stephen's green.

La plupart d'ailleurs ont vu ce qu'ils voulaient voir et ont essayé d'adapter les rapports de force du pays au schéma français. Le tour des journaux et des sites internet n'est pas suffisant en effet pour déterminer sur quels éléments se joue le vote des indécis.

Mettre sur le même plan les revendications du parti (trotskyste) socialiste et la propagande de Libertas, c'était faire plaisir aux Français qui se retrouvent dans des arguments qui n'ont que peu prise sur la population autochtone. Sans aucune idée de l'atmosphère de campagne, difficile de relativiser l'importance des uns et des autres.

Même d'un point de vue budget d'ailleurs, on a appris hier que Libertas, cette organisation interlope venue dont ne sait où, avait dépensé plus pour la campagne que tous les autres partis réunis. Tout le monde suspecte son fondateur, le milliardaire Declan Ganley, d'avoir contourné les seuils de dons pour la campagne via des hommes de paille. Ca se fait bien aux Etats-Unis, pourquoi pas en Irlande ? Faute de preuve, impossible d'accuser qui que ce soit.

"En politique, ce qu'il y a souvent de plus difficile à apprécier et à comprendre, c'est ce qui se passe sous nos yeux." nous disait Tocqueville. S'il faut être sur place pour ne pas souffrir le biais de celui qui nous rapporte les faits, ce n'est qu'en observateur neutre, non impliqué dans le vote ou dans le tissu social qu l'on peut voir les choses telles qu'elles sont.

Pour qui n'est pas partie prenante des passions irlandaises que sont l'autorisation de l'avortement, la neutralité du pays ou le développement économique par la concurrence fiscale, il est aisé de démêler les arguments des uns ou des autres tandis que les indécis irlandais se sente assaillis d'arguments contradictoires. Tout comme l'indécis que j'ai longtemps été en 2005.

Ce qui est regrettable néanmoins, c'est la malhonnêteté intellectuelle. Un exemple : d'un texte dont tout le monde (surtout les nonistes) s'accordent à dire qu'il reprend en grande partie le traité constitutionnel européen (TCE), certains y voient une interdiction prochaine de l'avortement (France 2005) et d'autres une légalisation imposée (Irlande 2008).

Tout cela pour dire qu'à l'heure où les journalistes rédigent les enseignements du vote pour l'édition de demain (en deux versions avec des blancs pour les pourcentages), je tenais à en féliciter un : Arnaud Vaulerin, envoyé spécial de Libération qui a, dans l'édition d'aujourd'hui, réalisé la meilleure couverture de l'évènement.

NB : Comme, aujourd'hui la CGT bloque la parution des quotidiens, Libé est disponible en pdf gratuitement.

par Alexandre publié dans : Dans l'Eire du temps
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Dimanche 8 juin 2008
Séisme vendredi dernier. The Irish Times, premier quotidien du pays, annonce le non en tête. 35% contre, 30% pour, 28% d'indécis et  7% qui ont déjà prévu de s'abstenir.

Pour l'avoir constaté en France, le glissement des indécis vers le non était largement prévisible. Jusqu'à présent les nonistes, uni malgré leur diversité pourrait-on dire, ont eu une campagne choc. L'usage de formules marquantes souvent démago ("Don't let Brussels into the back door" à propos des impôts),  faisant appel aux sentiments les moins nobles ("No 2 foreign rule"), capitalisant sur l'histoire récente du pays ("People have died for our freedom, don't throw it away" - l'indépendance remonte aux années 20) ou encore à un opportunisme des plus déplacés ("Europe has been great for Ireland, let's keep it that way").

En face, les ouiistes, parmi lesquels on retrouve les principaux partis "de gouvernement", opposent des affiches assez vagues qui donnent l'impression de noyer le poisson dans l'eau ou se lancent dans le concours "Ma binette partout" qui consiste à afficher le visage du parlementaire européen, non nom et son parti (après tout les européennes sont en 2009 et c'est toujours ça de pris comme pub !) et un timide "Vote Yes" dans un coin.

Alors permettez moi de faire un point sur les modalités d'un vote en Irlande. Comme vous avez pu le constater, quasiment l'intégralité des photos que qui illustrent les billets du blog sont des photos d'affiches sur un poteau.

En effet, contrairement à ce qui se passe en France, les diverses forces en présence ne disposent pas d'un emplacement légal pour afficher leur profession de foi ou leurs slogans devant les bureaux de vote. C'est pourquoi, les partis et les groupes de pressions achetent des emplacements publicitaires (panneaux traditionnel ou encore sur les bus). Sans compter le tractage dans les endroits statégiques (O'Connell Street et Grafton street).

Les panneaux sur poteaux étant de loin le moins cher je pense, ceux-ci foisonnent mais, faut hautement remarquable, très rares sont ceux qui sont arrachés ou décorés au marqueur... N'ayant jamais approuvé ceux qui trouvent malin de faire des moustaches à la Hitler sur les affiches électorales, j'applaudis. Bon, pour être honnête, il y a bien une affiche qui a décoré de cette manière, mais c'était pour Indiana Jones, ça ne compte donc pas !























Ma binette partout :
























Quant à la télévision, le CSA local a décidé que les groupes de pression (et donc Libertas en premier lieu), n'y auraient pas accès. Seuls les partis politiques et la Referendum Commission y ont accès.

La referendum commission, c'est l'organisme chargé d'organiser le référendum et fournir des informations impartiales aux électeurs. Ils ont ainsi à cet effet lancé une campagne de 5 millions d'euros (puisqu'on vous dit qu'il n'y a pas d'affichage public !) sur le slogan "Get the full story" en montrant des moitiés d'électeurs. Bon, je n'ai pas encore d'image d'affiche mais elles sont magnifiques et la version télé est bien foutue. Pas de chance, elle n'est pas sur youtube...Néanmoins, leur site internet lisbontreaty2008.ie est un havre de paix dans un océan de militantisme acharné.

Le Sprint final

Nous sommes donc dans la dernière semaine de campagne, et rien n'est gagné. Dimanche, le Sunday Business Post a publié un sondage montrant le oui toujours en tête : 42% oui : 39% non ; 17% nsp, mais cela ne rassure personne et tous les coups sont permis.

Libertas tape ainsi fort en couvrant Dublin d'affiche "Keep our commissioner; Let's vote no to Europe". Argument un tantinet plus compliqué pour les ouiistes dans la mesure où c'est vrai. Mais bon, il faut relativiser : la France sera au même régime alors qu'elle en avait deux il avant Nice.

Tandis que les Irlandais se passionnent pour le match de Hurling Dublin-Louth (ainsi, une fois n'est pas coutume, les rues sont bleues - couleur de la ville - au lieu d'être vertes comme lors des matchs de l'équipe d'Irlande), des voiturettes publicitaires circulent pour le oui.
































Dans le ciel un avion survole la ville (ici au dessus de l'IFSC) traînant le message suivant : "Keep Brussels of the pitch - Vote No" (d'où le titre du billet...). Il s'agirait d'une réponse à un avion survolant Croke Park (un jour j'en parlerai plus longuement...) où se déroulait le match cité plus haut avertissant : "Don't score your own goal - Vote yes".

Tandis que tous les journaux du pays axent leur édition dominicale sur le traité (et notamment The Irish Catholic qui insiste : pas de changement pour l'Eglise, sur l'avortement, sur la liberté religieuse, etc), le Taoiseach Brian Cowen qui s'est beaucoup investi dans la campagne a donné un long discours dimanche à l'intention de la jeunesse du pays où il revient sur ce qu'était l'Irlande avant, et à quel point l'UE lui a apporté. A lire les trémollos dans la voix, mais à lire quand même...

Dernière semaine donc où chacun lance ses dernières forces dans la bataille pour convaincre ses partisans d'aller voter jeudi prochain dans les écoles primaires et les mairies du pays (les lycéens passent leur bac !).

Seule certitude à ce jour : rien n'est n'est joué. Les résultats définitifs seront connus vendredi. Un vendredi 13 remarque Jean Quatremer... reste à savoir pour qui !

NB 1 : Pour ceux que ça intéresse, Dublin a gagné 1-22 à 0-12 (non, je ne sais pas non plus à quoi ça correspond !) et passe en demi-finale.

NB 2 : Tandis que les affiches du Young Fine Gael avaient eu un retentissement particulier dans la blogosphère francophone : ici, , ici encore, même là et évidemment à cet endroit, et que je m'efforçais de tempérer les transports des uns et des autres qui n'existait que sur internet et dont il n'y avait aucune trace dans le pays, je suis heureux d'annoncer que je les ai vues, toutes les deux in situ. Deux pages couleur A4 dans le panneau d'affichage associatif de l'Université de Cork. C'est mieux que rien, non ?

NB 3 : Petit exercice d'auto-satisfaction : ce blog est officiellement accrédité blog de qualité, merci ! ;-)
par Alexandre publié dans : Dans l'Eire du temps
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Mardi 3 juin 2008
Les Irlandais sont pragmatiques, c'est un trait qu'ils partagent assurément avec leurs anciens colonisateurs. J'en veux pour preuve les divers jours fériés qui parsèment le calendrier à raison de 9 bank holidays chaque année. Ce qui est moins qu'en France, vous en conviendrez aisément. Cependant, rien n'est laissé au hasard : ils sont tous placés le lundi.

Hier, par exemple, comme 4,2 millions d'Irlandais, j'ai profité du magnifique soleil agrémenté d'une légère brise pour me reposer des lourds tracas de la vie quotidienne. En quel honneur me demanderez-vous ? Eh bien, c'est le jour férié du mois de juin pardi !

Bon, pour être honnête, je dois avouer que certaines fêtes sont inamovibles : le jour de l'an qui se tient tous les premier janvier (étonnant, non ?) ; la St-Patrick, fête nationale le 17 mars (qui était un lundi cette année, histoire de changer...) puis Noël suivi non pas du boxing day (qui, horreur suprême, est anglais), mais de la St-Stéphane le lendemain.

Rien de choquant ? Ben, je peux vous assurer que cela fait un drôle d'effet de travailler le 1er Mai (seul le premier lundi de mai étant chômé). Bon, en même temps, l'Irlande n'est pas vraiment le pays que les syndicalistes citeraient en exemple...

L'avantage ? On est sûr d'avoir un pont 3 jours de week-end ! L'inconvénient ? Pas de viaducs de 4 jours lorsque ça tombe un jeudi.

En même temps, quand on bosse avec le continent et que ces derniers sont joignables 3 jours par semaines, ça nous rend un peu jaloux...
par Alexandre publié dans : Dans l'Eire du temps
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Samedi 24 mai 2008
Mercredi dernier, j'ai eu de la visite. C'était le facteur. Quoi de plus inoffensif qu'un facteur ? Dans la mémoire collective, c'est le brave type toujours aimable qui passe apporter les bonnes nouvelles. Imaginons qu'il soit ch'ti et là c'est le délire ! C'est aussi lui qui parfois fricote avec la maîtresse de maison (quoique dans les pays anglo-saxons, ce serait plutôt le laitier...).

Bref, il n'y a qu'à Neuilly où le passage du postier peut semer le trouble et l'effroi chez les bonnes gens.

Mercredi dernier donc, c'était le facteur. Le voilà qui sonne, et me demande mon nom. Je lui donne bien volontier, pensant à une quelconque remise de colis ou de recommandé. J'insiste néanmoins pour savoir quel est l'objet de sa visite puisque ce dernier est les mains vides.

Eh bien, il vient prendre un contact pour le paiement de la redevance TV.

En Irlande comme en France, la possession d'une télévision soumet le propriétaire à payer un redevance (TV licence par ici). La précédente ayant expiré, et le poste appartenant à une colloc qui avait le week-dernier déménagé en nous la laissant temporairement, nous n'avions pas l'intention de nous re-équiper et donc de payer cette redevance qui s'élève tout de même à 160 €.

Le facteur étant quelqu'un d'éminemment sympathique à priori, j'explique la situation. Celui-ci reste pourtant assez terre-à-terre : il a vu une télévision par la fenêtre, nous n'avons pas de licence à ce jour, il faut payer. Ce sur quoi il s'en va prestement avec une formule de politesse convenue.

Piégés !

Penaud et l'argent récolté je suis allé acheter ma licence à la poste centrale.

Ce qui est intéressant dans cette histoire c'est de voir le pragmatisme des Irlandais opposés à notre caractère : tout peut se payer à la poste : gaz, ramassage des ordures (calculé suivant le poid de déchets produits) ou l'électricité.

Là où la polyvalence est poussée à l'extrême en Irlance (quoique le travail entre encaisser une facture de gaz ou de ramassage des ordures n'est pas fondamentalement différent), chaque filière est extrêment spécialisée par chez nous.

Quand il a commencé à être question de supprimer la redevance en France (qui était un impôt extrêment coûteux à collecter), s'est posé le problème des inspecteurs de la redevance qui étaient les plus qualifiés pour s'assurer que le non-imposé n'était pas un fraudeur en puissance, qui d'autre pourrait assurer leur tâche ?

D'un autre côté, je doute que les postiers auraient acceptés d'assurer ce rôle en plus de leur tournée. On nous aurait probablement assuré qu'il s'agissait d'un détournement de leur fonction, que jamais ils ne collaboreraient à une telle tâche, et je gage que certains auraient appelés à la désobéissance civile et au refus de la délation de ses concitoyens franchissant par la même occasion le point Godwin d'une manière assez éclatante.

Pas d'états d'âme en revanche pour mon facteur qui ne s'en porte pas plus mal.

Quoique sans être rancunier, il n'a pas intérêt à venir pour les étrennes en décembre...

par Alexandre publié dans : Dans l'Eire du temps
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Jeudi 15 mai 2008
Dublin est une ville qui change, un peu moins depuis le ralentissement économique, mais quand même.

Le changement le plus significatif vient d'un des emblèmes de la ville : une partie de l'usine Guinness de St-James Gate ferme. En effet, la bière est la propriétée d'une multinationale sise à Londres, comme les bières typiquement irlandaises Smithwick's (prononcer Smitiks sous peine de passer pour un plouc), Kilkenny, le whiskey Bushmills, l'inoubliable Bailey's ou encore la Smirnov. La Guinness était brassée là depuis 1759.

Seulement, avec l'extension de la ville, l'usine s'est retrouvée entourée d'habitations et les terrains se sont appréciés.

Mais on ne jette pas bébé avec l'eau du bain. Le Guinness Storehouse, ancien grenier de stockage qui a été reconverti en musée, reste la propriété du groupe. 900.000 entrées à 14 € par an, ça se comprend !

Si toute la production de bières blondes et rousses sera tranféré dans une usine géante plus à l'écart, la matière première de la Guinness continuera a être fabriquée sur place, avant d'être brassée dans la nouvelle usine ou à l'étranger dans des brasseries sous licence. En revanche, Diageo s'est engagé à ce que la Guinness servie en Irlande continue à être brassée à St. James. On ne touche pas impunément à pareil symbole.

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Les Irlandais n'ont pas attendu Attali pour libéraliser l'attribution des licences de taxi. En 2000, c'était fait. Vu la faible fiabilité du système de bus, et la sécurité relative des bus de nuit (paraît-il), le nombre de taxi a explosé de 3.900 à 20.000. On peut donc en trouver à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Bon, il y a quelques inconvénients parfois. Il m'est déjà arrivé de tomber sur des conducteurs qui ne connaissaient pas Griffith Avenue où je vis, alors que c'est la rue la plus longue de tout Dublin. Mais cela reste anecdotique.

Les taxis sont donc nombreux, trop nombreux à leur goût. Alors ils ont manifesté. 
En bloquant les rue ? Non, on est en démocratie quand même, pourquoi laisser des individus entraver la chaussée ? En arborant un brassard à la japonaise, comme a été récemment suggéré ? Que nenni : ils ont décidé de klaxonner. Effectivement quand tous les taxis cornent en ville, ça fait du bruit, et on se rend compte qu'ils sont nombreux. En même temps, tant que je suis sûr d'en trouver un quand j'en ai besoin...

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Le même jour tombait une nouvelle qui aurait pourtant dû les ravir : un plan pour bannir les voitures du centre-ville était à l'étude. Les axes principaux seraient réservés aux bus et taxis à l'image d'Oxford Street à Londres. Un des gratuits du matin titrait joliment "Where the streets have no cars !"

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Sinon le Monde d'hier consacrait un papier au référendum irlandais sur le traité de Lisbonne. On passera sur le fait qu'il a été réalisé par le correspondant de Londres, ou encore que ce dernier ait effacé 1,2 millions d'habitants d'un trait de plume.

Non, le passage le plus discutable est celui-ci :
"Comment expliquer dans ces conditions le nombre d'indécis ? Le camp du non s'appuie pêle-mêle sur les revenus modestes et les laissés-pour-compte du "Tigre celtique", les neutralistes, l'extrême gauche ainsi qu'une poignée d'entrepreneurs tenants du tout-libéralisme. Ceux qui, pour une raison ou une autre, attribuent à la construction européenne l'origine de leurs problèmes se concentrent dans les régions pauvres de la frontière avec l'Ulster, le centre et l'ouest. Ce courant populaire, voire populiste, pointe en particulier du doigt la "clause de solidarité" prévue par le traité en cas d'attaque terroriste." (je graisse)

Le neutralisme, oui absolument. L'extrême-gauche, oui, j'en ai déjà parlé. Mais la poignée d'entrepreneurs tenants du tout-libéralisme est un non sens total. Le journaliste fait certainement référence à Libertas qui est l'émanation d'un riche entrepreueur, certes, mais il passe totalement sous silence le fait que pour l'immense majorité de la population, le développement de l'Irlande s'est fait grâce à une politique d'imposition (très) compétitive, et que c'est la crainte d'une remise en question (totalement voulue par quelques pays dont la France au premier plan) qui pousse les indécis à voter non, par sécurité...

Bref, s'ils votent non, ce n'est pas du tout pour des raisons opposées à celles des nonistes français. Ca se vendrait moins bien comme argument...
par Alexandre publié dans : Dans l'Eire du temps
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Lundi 12 mai 2008
Dans un billet précédent, je faisais un état des lieux du non en Irlande. Mise à jour d'une chronique irlandaise.

Les nonistes ont donc pris une longueur d'avance dans le matraquage des esprits au point d'établir un équilibre aux trois tiers (oui, non, indécis) dans les sondages.

Ce week-end ci, c'était l'embouteillage sur O'Connell Street. Alors pour rappel, la poste principale de Dublin, sise dans l'artère précitée, est le point de rassemblement des manifestations politiques par excellence puisque que c'était le QG du soulèvement de Pâques 1916. C'est un peu comme les manifestations en faveur des droits de l'Homme sur la place du trocadéro ou l'habituel République-Bastille-Nation (ou République-Nation suivant la taille du cortège) pour les syndicalistes français.

Alors ce samedi-ci, les trotskistes du Socialist Worker Party étaient déjà installés sur le trottoir avec mégaphone, présentoir et militants préposés aux tracts.

Leur site internet : voteno.ie.

Sur l'esplanade centrale, le Sinn Féin  était en train de se déployer avec un mégaphone sur pied (plus de moyens ?).

Les rigolos de WiseUp quant à eux se sentaient un peu exclus et on décidé après quelques coups de fil de déployer leur banderole le long du mur du GPO.

C'était un peu à qui votera non le plus fort...

Lève-toi et marche
Les pro-Lisbonne se sont eux réveillés. Brian Cowen, le nouveau Taoiseach, devait aujourd'hui exorter son parti - Fianna Fáil - à s'engager dans la campagne, nous annonçait l'Irish Times.

Cowen compte notamment s'appuyer sur une déclaration de Gordon Brown la semaine dernière où celui-ci assurait que jamais, ô grand jamais, le Royaume-Uni n'aurait approuvé un texte qui confierai à l'UE la fixation des taxes et impôt (c'est la pierre d'achoppement la plus importante, je le rappelle). Nul besoin de rappeler le désintéressement qui caractérise les Britanniques dès qu'ils s'agit d'Europe et d'argent (allez si... Un pour le plaisir : "I want my money back") : c'est donc une caution en béton dont dispose le Taoiseach.

Cowen motive les ouiistes et le hasard faisant bien les choses, une forêt de panneau en faveur du traité s'est élevée ce week-end sur les lampadaires de la capitale.

Il y en a de toutes les couleurs. Le vert ci-contre est celui du Fianna Fáil qui renvoie sur le site dédié : vote4europe.ie.

Arguments-clé : un oui pour une UE encore plus démocratique ; qui améliore son processus de prise de décision ; qui protège mieux les droits des citoyens de l'Union ; qui permet à l'UE de mieux faire face aux défis qui se présentent à l'UE et à ses membres et qui protège les intérêts des membres les plus petits.

La version jaune est un panneau de l'alliance des entreprise pour l'Europe. Un regroupement assez hétéroclite (mais plus transparent que Libertas assurément).

Leur site : yestolisbon.ie

J'avoue que je trouve la rubrique "Rumeur contre faits" assez pertinente pour contrer la campagne de désinformation menée par certains nonistes.

J'ai croisé d'autres militants avec d'autres pancartes. Je les poste dès que je les aurais retrouvées.

Si certains sont intéressés, je peux aussi numériser les tracts des nonistes (se manifester par courriel ou commentaires).

Bref, nous sommes à pile un mois du référendum et la campagne débute pour de bon...
par Alexandre publié dans : Dans l'Eire du temps
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Dimanche 4 mai 2008
Des affiches à tous les poteaux, des meeting politiques, des manifestations et des tracts, des autocollants de-ci, de-là... Une élection ? Pire un référendum.

L'Irlande ces temps-ci me rappelle furieusement la France de 2005. Dans un contexte passablement morose de licenciements massif (250 employés de Dell cette semaine), de délocalisations en série (quelques départements d'IBM, Xerox, Google, Accenture pour citer les plus grands) et de croissance en berne (les dernières projections pour 2008 ont été revues à la baisse de 2,3% à 1,3% de croissance), le référendum cristallise les mécontentements.

Une différence avec la France de mai 2005 cependant, le 6 mai 2008, le Taoiseach [premier ministre en gaélique] Bertie Ahern démissionnera suite à des révélations qui marquent l'apogée d'une mise en cause persistante. On le surnomme le Taoiseach-téflon. Certains pensent que cela pourrait aider le oui.

Partons tout de suite de bases saines : ce billet n'est pas une discussion en profondeur sur le contenu du traité de Lisbonne et a fortiori encore moins sur son aieul le traité constitutionnel. Non. Cette discussion a déjà eu lieu. En outre, d'autres ont déjà tenu cette discussion mieux que je ne pourrais le faire. Ce billet est un billet d'ambiance. Un court voyage dans les querelles de l'île.

Première constatation : c'est pas du tout cuit. Fin avril, on comptait 35% d'intentions de vote positives (contre 43 en février), les nonistes passant de 24% à 31% ; si on prend en compte les marges d'erreur, l'écart est faible. Les plus forts en calcul mental auront calculé que cela laisse 34% d'indécis (dont rien ne dit qu'il ne s'abstiendront pas d'ailleurs !). [Source]

Un peu plus inquiétant 80% des Irlandais avouent ne rien comprendre au texte dont 30% qui ne savent pas sur quoi porte le référendum qui est attendu début juin. D'ailleurs le Dassault local, Ulick McEvaddy, vient de lancer une campagne contre le référendum qu'il juge justement incompréhensible. Et ce, à rebour de l'opinion officielle du parti politique qu'il soutient.

L'expérience ne joue pas en faveur des partisans du traité. En effet, l'Irlande a rejeté le traité de Nice en 2001, mais l'a approuvé après l'adoption de deux clauses spécifiques à l'Irlande. Les défaitistes en ont déduit qu'il ne sert à rien de voter puisqu'on leur soumettra le traitré jusqu'à ce qu'ils le votent ; les plus pugnace, qu'ils peuvent jouer la politique du chantage pour obtenir les clauses qui les intéressent.

Reprenons un peu le fil des évènements.

Sinn Féin

Le premier à dégainer est le Sinn Féin. Depuis la fin janvier, ce parti couvre les rue de Dublin d'affiches annonçant une réunion publique d'information sous le slogan "Ireland Deserves Better, Vote No To Lisbon Treaty". Le parti s'annonce pro-européen. Il assure d'ailleurs que la place de l'Irlande est en Europe et qu'on peut tout à fait être pro-Européen et anti-Lisbonne. (c'est une mélodie connue à la différence qu'il n'affirme pas qu'il y ait un plan B !)

Premier argument partagé par à peu près tous les nonistes : la France et les Pays-Bas ont voté contre le traité constitutionnel (TCE) ; le traité de Lisbonne reprenant le TCE (citations d'homme politique s'en félicitant à l'appui), il faut voter non.

Deuxième argument : la perte de souveraineté de l'Irlande due aux nombreux transferts de compétence aux eurocrates qui rendent le Dail [parlement] impuissant.

Troisième argument : la commission veut, au nom du respect de la concurrence libre et non faussée intervenir dans la fixation de l'impôt sur les sociétés.

Quatrième argument : l'Europe de la défense est une menace pour la neutralité de la République irlandaise.

Le Sinn Féin recoupe un peu l'argumentaire des nonistes de gauche dans la dénonciation d'une Europe ultralibérale qui veut forcer les Etats à libéraliser tout ce qui peut l'être (Education, Santé...).

Plus d'information sur les arguments du Sinn Féin.

Libertas

Libertas est officiellement un nouveau mouvement européen dédié à plus de démocratie et de transparence dans l'UE. Dans les faits, c'est un petit groupe un tantinet obscur (il refuse de dévoiler la liste de ses donateurs) fondé par un multi-millionnaire Declan Ganley. Libertas s'est surtout fait connaître au grand public par une campagne d'affichage à travers tout le pays sur le slogan : "Facts, not politics"


Libertas développe 3 thèmes : le traité est
-
mauvais pour l'Irlande : voix du pays moins forte, moins de pouvoir au parlement ;
- mauvais pour l'Europe elle-même : il ne résout rien au problème de démocratie, responsabilité et transparence ce qui fait perdurer son manque de légitimité et par là met en danger son avenir ;
- mauvais pour les affaires (n'oublions que le fondateur est un businessman) : la politique d'accueil des investissements étrangers est transférée à l'UE , la relégation de la concurrence libre et non faussée dans les annexe (suite à l'insistance de Sarkozy) et enfin le traité est un cheval de Troie d'une hausse imposée de l'impôt sur les sociétés.

La campagne (photo ci-dessus) insiste lourdement sur le fait qu'il n'y aurait plus besoin de passer par un référendum pour le prochain grand texte européen.

Accessoirement, Libertas s'appuie sur un rapport des services du Taoiseach qui estime à plus de 580 millions d'euro par an le coût de la sur-réglementation en provenance de Bruxelles. D'ailleurs, les politiques mises en oeuvre sont taillées sur mesure pour la France et l'Allemagne (dont on apprend qu'ils gagnent respectivement +50% et +100% de pouvoir de vote alors que l'Irlande en perd 60%) qu détriment d'une île comme l'Irlande.

Plus d'information sur les arguments de Libertas.

Connolly Youth Movement
ou : la campagne des jeunesses du Parti Communiste

J'ai découvert cet autocollant sur un poteau tout en haut de Grafton Street. J'avoue que sans cela, j'aurais bien été en peine de les repérer.

La soldat sur fond de drapeau étoilé fait bien entendu écho aux préoccupations des Irlandais quant à leur neutralité.

Cependant, leurs raisons de voter non se concentre plutôt sur la démocratie et la souveraineté (cf. supra) ; les services publics qui seraient jetés en pature à des multinationale sur injonction de Bruxelles ; les droits des travailleurs bafoués par la cour européenne de justice et, la neutralité pour finir.

Plus d'information sur les invectives du Connolly Youth Movement.

WiseUp
Alors ceux-là, je ne sais pas trop comment les appeler. Alors j'ai pris une partie de leur site internet WiseUpJounal.com. J'ai croisé leur chemin par hasard sur O'Connell Street : il faisaient une manifestation en face du GPO, bâtiment hautement symbolique en Irlande puisqu'épicentre du soulèvement de Pâques 1916.

Bon ok, ils sont 2. Mais je n'ai jamais vraiment vu de manifestation de revendication (c'est à dire sans inclure St-Patrick et assimilés) avec beaucoup de monde.

C'était samedi dernier, je me dirige vers eux pour engager une conversation et comprendre les raisons de leur refus du traité de Lisbonne. Je n'ai pas été déçu !

L'échange est fructeux au début. Je retrouve énormément de raisons déjà évoquées ci-dessus : la perte de souveraineté, d'influence au profit d'eurocrate non-élus et corrompus (c'est synonyme chez lui), le fait que l'article 48 du traité dispose (question aux juristes en passant s'il y en a : le traité dispose ou stipule ?) que le traité est "auto-amendable" (pas besoin d'un nouveau référendum pour les prochaines modifications). Nécessairement, l'Allemagne et la France (dans le rôle des méchants) vont faire la loi et mener la vie dure à la petite Irlande. Je caricature à peine.

Par esprit de contradiction, je décidai de le titiller. Alors que je plaide en faveur de l'Europe, il m'avoue que personnellement, il est contre l'Europe. Ah bon ? mais en suivant sa logique, il est quand même mieux que les décisions soient prises à Bruxelles qu'à Pékin, Washington ou Moscou ? et puis, l'Europe a eu une influence positive en Irlande. Que nenni m'oppose mon charmant interlocuteur : l'Europe n'a rien fait pour l'Irlande. Le pays est sorti de la misère tout seul grâce à un faible impôt sur les sociétés que du coup l'Europe veut empêcher.

Là, vu la quantité d'infrastructures financées par le fond de développement de l'UE, j'ai trouvé que c'était un peu fort de café ! Mais bon, il était lancé...

Ils veulent faire des Etats-Unis d'Europe et unir toutes les unions locals en un gouvernement mondial sous l'égide de l'ONU qu'ils contrôlent. Mais qui ils ? demandai-je... Et bien, la famille Rockefeller bien sûr !

D'ailleurs continue-t-il, le réchauffement climatique n'existe pas, c'est juste un moyen de taxer un peu plus les citoyens.

Sur leur site internet, ils qualifient 9/11 Loose Change de documentaire sur le 11 septembre le plus abouti à ce jour. Fort de ce précédent, ils ont produit leur propre documentaire : End of Nations. Je n'ai pas tout regardé, mais je vous conseille les première minutes où l'on explique au spectateur que seule l'Irlande peut sauver les 500 millions d'Européens du désastre (en votant non - est-il besoin de le préciser ?).

C'est l'facteur
Jusqu'à présent, les partisans du oui ont été moins visibles. Cependant, les deux dernières semaines, le gouvernement à adressé à chaque foyer un guide explicatif de 25 pages.

Bilinguisme oblige, c'est aussi en gaélique.

Le fascicule est une réfutation point par point des arguments énoncés ci-dessus.

La première partie insiste sur les contrôles démocratiques accrus (possibilité pour un certain nombre de parlements nationaux d'objecter à une proposition en cours ; renforcement des pouvoirs du parlement ; l'initiative citoyenne)

Rubrique taxation in extenso : "Lors des négociations qui ont conduit à l'accord sur le traité, l'unanimité sur les dans les questions d'imposition a été entérinée. Cela signifie qu'aucun changement ne peut être fait dans ce domaine sans l'accor d de tous les membres, et donc de l'Irlande."

Sous le titre Les pouvoirs de l'UE et leur limites on trouve des phrases chocs telles que "L'Union ne devient pas un Etat. Il garde son caractère intergouvernemental.

Ou plus loin "La traditionnelle politique de neutralité de l'Irlande est maintenu. Rien dans le traité de Lisbonne ne le change".

Enfin, le dernier point insiste sur l'égalité reconnue entre les Etats membres.

Pour voir des images chocs de Ouiistes, c'est sur le croche-pied qu'il faut aller...

Pour conclure
L'impression que je retire du débat et des discussions que je réussis à tenir çà et là avec divers Irlandais est que les deux sujets chauds sont la neutralité du pays et la menace (fantôme ?) sur l'impôt sur les sociétés.

En effet, ce sont les deux arguments les plus débattus alors qu'ils sont au coeur de l'actualité.

La neutralité est remise en question notamment au vu de l'engagement de l'Irlande au sein de la force européenne au Tchad. Cette force, composée en majorité de Français contient aussi des combattants Irlandais. Elle est dirigée sur le terrain par un général Français, lui-même sous les ordres de l'Irlandais Patrick Nash qui dirige les opérations depuis le mont Valérian. On comprend aisément que certains voient en homme de paille des Français.

Plus important encore dans le débat : l'impôt sur les sociétés. La prospérite du tigre celtique est pour beaucoup fondée sur le faible taux de l'impôt sur les sociétés (12,5% contre environ 30% partout en Europe et 33% 1/3 en France). Si Dublin est aujourd'hui une importante place financière, c'est notamment grâce au programme de transformation des docks en centre international des services financiers (IFSC) qui constitue une sorte de zone franche.

L'installation de ces entreprises a ainsi généré des emplois à haut revenus qui ont servi de locomotive à l'ensemble de l'économie irlandaise.

Aujourd'hui, les perspectives sont plutôt assombries, on l'a dit. Le gouvernement tente de ré éditer un opération de type IFSC dans les anciens docks de Cork. L'annonce a été faire en mars et les travaux doivent durer jusqu'en 2013.

A leur niveau, les patrons de PME sont aussi inquiets. L'Europe sociale à la française ne les tente pas du tout. Et à la seule évocation des taxes, ils pourraient bien voter non.

L'impôt sur les sociétés constitue une corde très sensible qui pourrait, à l'image de la directive Bolkestein en 2005, constituer un repoussoir dont l'Europe ferait, une fois de plus, les frais...

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par Alexandre publié dans : Dans l'Eire du temps
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Samedi 26 avril 2008
Ami baroudeur, si tu aimes voyager dans des contrées exotiques et passer toutes tes vacances sur un continent différent, voici le métier qu'il te faut : opérateur dans un centre d'appel.

Oui, tu as bien lu : un centre d'appel.

Attention, lorsque je dis un centre d'appel, ce n'est pas n'importe lequel. Non, loin de là. Vu qu'ils sont légions en Irlande, tu pourrais te retrouver à faire du recouvrement pour une marque de cartes bleues ou prodiguer les conseils techniques affichés sur ton bureaux aux malheureux possesseurs d'un ordinateur HP.

Ou pire que tout, terminer dans une compagnie de transport de colis à te faire engueuler parce que le colis urgent (forcément urgent) n'est pas encore arrivé et qu'il t'est impossible de le localiser.

Non, il te faut travailler dans le centre de réservation d'une compagnie aérienne.

Pourquoi ? Parce qu'en temps qu'employé de la compagnie, tu auras le droit de voyager pour pas cher sur ta compagnie.

Il est vrai qu'il existe des compagnies à prix cassés comme Ryanair et consorts. Oui, mais même en payant le billet 1 centime, te resteront les taxes d'aéroport, de bagage, de navette jusqu'au centre-ville, d'oxygène consommé dans l'avion (ah, non, pas encore...).

Et puis, ces compagnies n'assurent que des vols européens. Alors que ta compagnie à toi, elle va plus loin. Et quand bien même aucune ligne ne desservirait la destination de tes rêves, ta compagnie a des accords de réciprocités avec ses camarades. Donc tu peux t'envoler à n'importe quelle destination pour pas cher.

Alors pas cher, c'est combien ? C'est 10% du prix du billet. De la classe éco, bien entendu.

Bon, il y a quelques inconvénients. Primo, c'est un billet Standby. Tu ne montes dans l'avion que s'il reste de la place. Alors prévois de partir hors saison et de passer par des noeuds peu fréquentés. Et puis, essaie de voyager seul ou alors te trouver ta moitié dans le même corps de métier, sans cela les vacances en couple risquent d'être une aventure sans nom...

Bon, si vraiment tu n'as pas envie de travailler dans un centre d'appel (ça se comprend), tu peux toujours guetter la bonne affaire, il paraît que l'aller-retour Dublin/New-York en classe affaire se vend à 5€ chez Aerlingus ces jours-ci...
par Alexandre publié dans : Dans l'Eire du temps
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