Jeudi 24 juillet 2008
Pour qui voulait lire la presse voilà un an encore, la tâche n'était pas si difficile. Feuilleter Le Figaro, Libération et Le Monde couvrant le même sujet sur un mode thèse-antithèse-synthèse ; écouter dans les revues de presse matinales des radios nationales les formules choc forgées par les éditorialistes de la presse quotidienne régionale à cette intention ; chaque semaine, lire avec délectation les incontournables ; parcourir les blogs les plus en vue pour les précurseurs.

Etant d'un naturel gourmand, je m'interdisais de délaisser un journal avant d'en avoir lu l'intégralité (sauf les pages sport, il ne faut tout de même pas exagérer). Ca demande un peu de temps, mais c'est faisable.

Seulement depuis quelques années, mûs par un coût de diffusion quasi nul, des journaux en ligne se sont multipliés et leurs flux RSS m'ont rendu plus glouton que gourmet.

Voilà plusieurs mois donc que je lis quotidiennement @rrêt sur images, Bakchich, Médiapart ou Rue89 et voici venu le temps d'esquisser un bilan.

Premier réflexe du matin regarder @rrêt sur images qui offre à travers ses "vite dit" une revue de presse assez exhaustive sans jamais se départir d'un recul appréciable. En y ajoutant des chroniques toujours pertinantes et des observatoires instructifs, que demander de plus ?

J'avoue qu'il ne me reste plus qu'à regarder les émissions qui s'accumulent dans mon aggrégateur au même rythme que les voitures sur l'autoroute du soleil un week-end de 14 juillet. En effet, n'ayant jamais été un téléspectateur de l'émission, je ne me sens pas obligé de regarder celles qui sont sur internet.

Passeport SVP !

Bakchich est un véritable plaisir. Le journal fait honneur à son épigraphe. Le ton est irrévérencieux au possible, parfois agrémenté de révélations majeures (comme le document dénonçant une razzia des Allemands sur EADS). Leurs vidéos sont généralement pertinentes (celà exclu leurs dernières divagations estivales) avec des intervenants pleins de gouaille (Probst, Guelfi) qui sont un vrai bol d'air frais dans ce brouillard de politiquement correct. S'ils pouvaient améliorer le son, ce serait parfait.

Dérogeant à ma règle d'exhaustivité, j'avoue zapper les articles inutiles (le nombrilisme des pages "commentaire des lecteurs"), les diatribes enflammées de Sébastien Fontenelle, l'amertume qui rejailli parfois çà ou là au milieu d'un papier, gâchant tout son intérêt.

Presse de caniveau ?

Rue89 quant à lui est parfait pour faire le point sur une polémique en cours (un exemple). La vraie force du site est d'avoir compris que ses visiteurs étaient des mordus d'information, et que leur repasser des infos déjà ressassés ailleurs était contre-productif. Ainsi, ils se concentrent sur l'immensité qui n'est pas couverte par le reste de la presse. Culture, patrimoine, livres et réflexions, c'est une vraie mine d'or.

Cette course à l'information différente produit parfoit des suprises comme la controversée vidéo de Sarkozy (qui, personnellement, ne m'a fait ni chaud ni froid. Je me souviens m'être dit "Ah oui, et alors ?").

Journal-revient ?

Avec Médiapart, c'est un peu plus compliqué. Les journalistes, pour beaucoup anciens du Monde, en ont importé le style en pire. Le poids des mots, le choc des paupières disait Desproges. Rien n'a changé que ce soit dans les charges menées tambour battant sous le vernis écaillé de l'objectivité (exemple parmi tant d'autres : "Dire non à ce coup d'Etat permanent" de cet innénarable Plenel, ou les réglements de compte de Laurent Mauduit avec Alain Minc) à un traitement... différencié des droits d'auteurs suivant le détenteurs (les fichiers internes avec un gros " © Médiapart" en dessous, mais les images empruntées à droite à gauche sans aucun crédit)

D'affirmation péremptoires dans leurs articles économiques, en déclaration enflammées ou boudeuses dans les éditos de Plenel, tout est fait pour agacer ou énerver. Contrairement aux autres, ils n'ont pas tout à fait compris que le lecteur de Médiapart ne lisait pas *que* Médiapart et que par conséquent faire une brève pour annoncer tel fait n'est que du bruit inutile.

Cependant, il faut reconnaître qu'en ce qui concerne les grandes enquêtes (qu'on pourrait qualifier de grandes fresques), ils sont plutôt bon. En témoignent celles sur la Françafrique, un récapitulatif du cycle de Doha ou l'historique judiciaire de Tapie.

Traitement des commentaires

Le traitement des commentaires est assez révélateur du positionnement des différentes publications. Sur Bakchich, une synthèse quotidienne permet de suivre les émois du lectorat ; c'est un peu trop. Médiapart, élitiste jusqu'au bout, propose des commentaires, mais bien à part parce qu'on ne mélange pas le torchon et les serviettes. Chapeau à @si et rue89 qui organisent une sélection des commentaires si ce n'est les meilleurs, au moins les plus représentatifs.

Maman les p'tit bateaux...

C'est un paradoxe que le premier à s'y mettre soit Médiapart qui n'est pas franchement sarkozyste qui s'y soit mis le premier, mais force est de constater que le web bling-bling fait des ravages dans la presse en ligne.
Je mets au défi n'importe qui de lire une dizaine d'articles du journal (situation normale après une fin de semaine dans la verdure) sans être pris d'un mal de coeur dû à ces textes qui se déplacent dans tous les sens.

Un malheur n'arrivant jamais seul, lemonde.fr a incorporé une fonction similaire dans sa nouvelle version. Impossible de descendre son curseur de la barre d'adresse vers le texte sans que celui-ci ait un hoquet, et nous avec.

Astuce anti-bling-bling

Pour finir, voici une véritable astuce pour se passer de ces effets superficiels : il s'agit de bloquer les adresses suivantes dans l'extension AdBlock de Firefox :
- http://www.lemonde.fr/medias/www/1.1.4/js/menuBar.js
- http://www.mediapart.fr/sites/all/modules/jcarousel/jcarousel.js

ça va tout de suite beaucoup mieux, non ?
par Alexandre publié dans : Dans la presse
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 10 avril 2008
C'est une sorte de migration qui va se faire ce week-end. Les Italiens, n'ayant pas les mêmes facilités que nous pour se faire établir des procurations (il faut être inscrit sur un registre des Italiens établis à l'étranger), rentrent en masse au pays.

On ne parle pas beaucoup de l'Italie en France (en tout cas, c'est ce que je retire de ma lecture quotidienne des sites des 3 journaux principaux français). Après tout pourquoi se préoccuper de ce voisin à qui galère un peu niveau croissance, mais qui ne veut même pas qu'on lui rachète ses avions. Bref, on en parle peu, et c'est regrettable.

Lorsque l'on a découvert de côté bling-bling de notre président, certains se sont empressés de le comparer à Berlusconi sur le thème "On s'est foutu de leur tronche quand ils ont voté pour un flambeur en 2001, et puis finalement il nous arrive un peu la même chose...".

Alors qu'on se rassure. Berlusconi, lui, fait les choses en grand. Non, je ne dis pas cela parce répète à qui veut l'entendre qu'il n'est pas petit puisqu'il est plus grand que Sarkozy. Simplement, il faut voir son minifilm de campagne. Plus kitch que ça tu meurs.

L'ennui est qu'il n'est pas le seul à donner dans le genre. Le principal candidat à gauche, Walter Veltroni proclame fièrement I'm PD sur les YMCA. Ce qui titille tout de suite l'attention de certains.

Pour clore le tout, un petit aperçu de l'internationale version Jésus fait du rock.

Bref, en comparaison on pourrait juger nos politiques tristounets. Tant mieux !

PS : Pour ceux que ça intéresseraient, Berlusconi devrait gagner les élections sachant qu'il est crédité de plusieurs points d'avance sur son concurrent, que les élections sont provoquées par une motion de censure qui a renversé le gouvernement Prodi (gauche). Résultat ce week-end.

NB : merci à Andréa pour sa contribution involontaire à ce billet

Edition du 11/04 :
Les journaux français ont entendu mon appel (mégalo, moi ?), et nous brossent un portrait de ces élections sous tous les angles : Le Monde, Libération, Le Figaro.

par Alexandre publié dans : Dans la presse
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Dimanche 24 février 2008
Depuis la baisse de Sarkozy dans les sondages, et plus encore depuis la guerre de succession de Neuilly, l'UMP a totalement changé de stratégie. D'une consultation qui devait confirmer les résultats de l'élection présidentielle, nous sommes passé à une élection d'envergure locale, sans aucune importance d'un point de vue national. Ce qui est partiellement vrai (ça dépend principalement des communes) mais qui surtout permet de limiter les répercussions de la baffe électorale prévue au prochain scrutin.

Toujours à Neuilly, où le candidat investi par l'UMP refuse l'étiquette et Arnaud Teuillé, premier adjoint, ex-colistier de Martinon, dissident est suspendu par son parti, mais soutenue par une Andrée Sarkozy (certainement une coincidence), on assure que "le pataquès de Neuilly est davantage dû à un désordre local qu'à des décisions nationales" (J.-P. Raffarin). Ben voyons...

On résume : Neuilly est à feu et à sang, mais c'est simplement local, pas parce qu'un président de la république a tenté de parachuter son porte-parole qui était d'ailleurs à cette époque le protégé d'une ex-première dame. Et bien entendu, le fait que le fils du même président soit un des 3 frondeurs qui a accéléré la destitution dudit porte-parole n'a bien entendu rien à voir avec les affaires nationales (c'est du local, on vous dit !).

Soit. Aujourd'hui, Sarkozy revendique l'héritage de de Gaulle. Alors, oui, c'est totalement déplacé. Le pauvre de Gaulle doit se retourner dans sa tombe alors que Guaino se satisfait d'avoir écrit un nouveau discours aux envolées lyriques. Dans les commentaires, un lecteur a une jolie phrase : "Comparer Sarkozy à de Gaulle, c'est un peu comme comparer la Tour Eiffel à la petite maison dans la prairie". Mais ce qui m'a marqué est dans le corps de l'article (c'est moi qui souligne) : "Dans la cour d'honneur des Invalides, devant des élèves de deux lycées de Neuilly, le chef de l'État a tracé un parallèle implicite entre sa situation dans l'opinion et l'action du général de Gaulle."

Une élection locale qu'on vous dit !

PS : Tant qu'à parler de de Gaulle, je reviens sur l'altercation qui va faire bondir les statistiques du Parisien : le Président qui insulte un de ses administrés. Ou encore visible sur DailyMotion... Ah non, y'a plus... (Au passage, chapeau bas au Monde qui n'a même pas l'élégance de faire un lien vers la vidéo du Parisien, mais préfère reprendre une copie - avec un bandeau noi pour cacher le logo - de mauvaise qualité sur Youtube)

Connaissant la verve du Général qui fait les beaux jours des dictionnaires de citation, on peut parier sans trop de risque qu'il aurait opposé au corniaud qui s'exclame "Ah, non touche moi pas..." une réponse qui ait plus... plus de... de panache...
par Alexandre publié dans : Dans la presse
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 15 février 2008
Ca cogne dur en Russie. Je sursaute en lisant mon agrégateur RSS ce midi (oui, c'est mal, je sais...) : "Vladimir Poutine suggère de «corriger» Le Figaro". Fichtre ! Que vient-il faire dans nos affaires celui-là m'exclamais-je, tout en me demandant ce qui pouvait justifier tant de violence. 

Violence ? Ah, non... il y a des guillemets. C'est métaphorique alors, il veut rectifier une exactitude dans le journal (ce genre d'assertions grossières telles que "La Russie vit sous un régime autoritaire") me dis-je alors que la page se charge lentement...

Pour faire simple, le correspondant du Figaro, Fabrice Nodé-Langlois, relate l'exploit du journaliste du Figaro (au hasard Nodé-Langlois Fabrice ?) assistant à la conférence de Poutine, et n'écoutant que son courage a lancé une question impertinente. A un autre journaliste russe qui s'excusait de cette "question incorrecte", Poutine lui suggère de "le corriger". Voilà l'affaire.

Mais bon, de là à composer une ode à la gloire de l'intrépide, il y tout de même un pas à franchir. Ce qui me dérange le plus ? Que le compte-rendu de la réunion, n'est lui qu'une retranscription d'agence de presse, à peine plus longue...

En réalité, cet article aurait eu bien plus sa place dans les blogs du Figaro (qu'ils ont lancé en janvier 2008, longtemps après ceux de Libération, et très longtemps après Le Monde). Ont-ils du mal à comprendre la différence ?

Les enfants et la Shoah : un effet d'annonce (Schneidermann parle de fumigène) qui, au moins, à l'avantage de coûter moins cher que le retrait de la publicité des chaînes du service public. Je pense sincèrement que ce ne sera pas appliqué, ou alors une fois, dans quelques écoles, pour garder la face... un peu comme le lundi de Pentecôte en fait.

Néanmoins, je trouve l'idée un peu glauque. Pourquoi infliger ça à des enfants de CM2 ? Il y a tout de même des initiatives plus heureuses pour ce devoir de mémoire. Au Royaume-Uni, le Ministère de l'Education a financé pour plusieurs années l'envoi d'un élève de 6e par établissement à Auschwitz. Pour qu'il puisse témoigner. 

Et puis, pourquoi seulement les enfants morts pendant la Shoah, et pas les autres ? 

Sincèrement, si Sarkozy avait voulu vraiment marquer les esprits, sachant qu'il a fait du Darfour une de ses priorités, il aurait dû proposer d'associer à chaque enfant de CM2 un enfant de là-bas... En attendant quand même que les choses se calment avant de faire des échanges de correspondants...
par Alexandre publié dans : Dans la presse
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 22 septembre 2007
L'été est, pour nos quotidiens nationaux une période où l'actualité est parfois un peu moins trépidante qu'à l'accoutumée. D'où la remontée de sujet pas toujours très frais, mais qui peuvent néanmoins être très intéressants. Ainsi, cet été le Figaro a ressorti une enquête sur un fait de société qui n'a jamais quitté la mémoire collective : les explorateur urbains.

Le lieu par excellence de l'explorateur urbain, ce sont les catacombes parisiennes. Lieu de passage des contrebandiers du temps de l'octroi (le passage est signalé toujours signalé sous la rue St-Jacques), mais aussi de résidence dans le film de Tchernia Les Gaspards. De temps à autres, les catacombes se rappellent au souvenir de la capitale, lorsque certains creusent tout près de la prison de la santé, ou encore lorsque les policiers découvrent une salle de cinéma près du Palais de Chaillot (qui, situé sur la rive droite, ne fait pas partie du réseau principal des anciennes carrières de Paris qui sont sous le XIIIe et le XIVe arrondissements).

On trouve un peu de tout dans les catacombes, des paumés, des gens pour qui cet endroit sont un livre d'histoire à ciel ouvert (enfin, façon de parler...) ou d'autre qui le voient comme un terrain d'expression artistique (d'où le conflit entre tagueurs et restaurateurs). Il paraît même que l'on croise des rats, mais c'est assez rares, de même que des schtroumpfs (un peu plus fréquent et plus onéreux).

Un sujet intéressant certes, mais un peu daté. Le journaliste nous parle d'un groupe nommé les untergunther qui a défrayé la chronique voila quelques mois pour avoir restauré en douce une vieille horloge du Panthéon. C'était il y a 10 mois, au bas mot. D'autre part, pour des groupes cloisonnés, il y a tout de même un taux de consanguinité importante que l'on voit lorsqu'on fait quelques recherches. En effet, Lazar Kunstmann, est à la fois porte-parole des Unthergunther (qui ont restauré l'horloge donc), mais aussi un membre de la mexicaine de perforation (qui a crée la salle de cinéma de Chaillot). Des autres groupes mentionnés, aucune trace. Autre approximation : "ici, un ancien bunker allemand, à quelques mètres d'une cache de la Résistance", sauf que l'abri de la résistance est situé à Denfert et que le bunker Laval est sous le lycée Montaigne...

Il n'empêche que ma curiositée est piquée...  Je me souviens encore des excursions que je faisais avec mon grand-père dans une graineterie qui se situait près de chez eux, petit c'est fantastique de découvrir un bâtiment de cette ampleur et son organisation sous-jacente. Et maintenant, en tant que parisien exilé une immense vague de nostalgie me prend : je veux redescendre...

Bibliographie :
Atlas du Paris sous-terrain de l'excellente maison d'édition Parigramme.
par Alexandre publié dans : Dans la presse
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 28 août 2007
J'étais amusé de retrouver dans mon hebdomadaire satirique de mercredi dernier, une reprise d'un article de Libération sur le benjamin de l'assemblée nationale : Olivier Dussopt. Or j'avais le souvenir très net d'une série du Figaro sur Frank Riester, benjamin de l'assemblée lui-aussi.

La probabilité d'une naissance à la même minute du même jour dans une même année (je leur fais grâce des secondes) étant tout de même asymptote à zéro, j'ai entrepris de retrouver ladite série.

Il ne fallait pas chercher plus loin qu'une querelle futile entre deux journaux qui n'hésitent pourtant pas à se draper dans l'objectivité de leur travail lorsque les circonstances le demandent : Riester est député UMP, Dussopt, député PS. Et effectivement, Riester n'est que le benjamin du groupe majoritaire à l'assemblée.

Faute de benjamin, le Figaro aurait pu se reporter sur le doyen qui, lui, est encarté à l'UMP (de même que la quasi-totalité des septagénaires de l'hémicycle). Apparemment, c'est moins vendeur.

Pour en revenir à nos benjamins, les statistiques de l'Assemblée nationale classent Riester 3e après Dussopt donc, et Sylvia Pinel, Apparenté Socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

Eut-elle été bayrouiste, aurait-elle eu droit à son portrait dans le Monde ?
par Alexandre publié dans : Dans la presse
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Jeudi 23 août 2007
Il faut croire que l'Amérique profonde a eu une mauvaise influence sur les capacités cognitives de notre président .

Toujours est-il qu'après ses réactions sur l'agression pédophile qui remplit les colonnes de nos journaux ces temps-ci (et dont l'inanité est disséquée par Maître Eolas, et la dangerosité par Jules de chez Dinner's Room).

Ce matin vient de tomber, une dépêche où L'Elysée considère qu'il est inconcevable que Cécilia Sarkozy soit entendue par la commission d'enquête parlementaire. Tout d'abord, ça paraît bizarre que l'Elysée décide de qui peut voir cette commission.

Ce qui est aussi agaçant, c'est le traitement de cette info, au lieu d'entendre "L'Elysée refuse que Cécilia soit entendue comme témoin", ça prenait plutôt la forme de "Cécilia n'ira pas, l'Elysée a dit non". La nuance est ténue, j'en conviens, mais tout de même d'importance, même si le seul référent de la majorité semble être la volonté du président (cf. François Fillon aux Antilles, entendu sur France Info)

Après vérification sur le site de l'Assemblée Nationale, les pouvoirs accordés à la commission sont assez importants : 
"Toute personne dont une commission d'enquête a jugé l'audition utile est tenue de déférer à la convocation qui lui est délivrée, si besoin est, par un huissier ou un agent de la force publique, à la requête du président de la commission. A l'exception des mineurs de 16 ans, elle est entendue sous serment. Elle est tenue de déposer sous réserve des dispositions relatives au secret professionnel prévues aux articles 226-13 et 226-14 du code pénal. Chaque commission d'enquête est libre d'organiser la publicité des auditions auxquelles elle procède par les moyens de son choix, y compris par retransmission télévisée. Elle peut, à l'inverse, choisir de se placer sous le régime du secret." (source).

Elle peut de même se faire communiquer tous les documents  "
à l'exception de ceux revêtant un caractère secret et concernant la défense nationale, les affaires étrangères, la sécurité intérieure ou extérieure de l'Éat, et sous réserve du respect du principe de la séparation de l'autorité judiciaire et des autres pouvoirs.". (je graisse).

Ceci dit, David Martinon, le porte parole de l'Elysée, invoque la séparation des pouvoirs de la constitution. J'avoue que je ne suis pas forcément qualifié pour analyser ce point-là, mais je doute que la notion "d'envoyée personnelle" ait un quelconque fondement juridique.

Mais... la revalorisation du rôle du parlement, c'était dans quel programme déjà ?
par Alexandre publié dans : Dans la presse
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 6 août 2007
« C’est l’Amérique qu’on aime, l’Amérique populaire » (Nicolas Sarkozy à Wolfeboro).

Que nous dit le Petit Larousse ?

Populaire :
1) Qui appartient au peuple, qui est issu du peuple.
2) Qui s'adresse au peuple, au public le plus nombreux ; qui est jugé conforme aux goûts de la population la moins cultivée.
3) Connu et aimé de tous, du plus grand nombre ; qui a la faveur du plus grand nombre.
4) LINGUISTIQUE : [...]

Aucune de ces définitions ne semble convenir à cette station balnéaire dont tous les journaux vantent les grandes villas (22.000 € la semaine), et la concentration de célébrités... populaires sans doute. CQFD !

Et puis, si je préfère Woody Allen aux superproductions, suis-je un mauvais élève ?

Edition du Mercredi 8 août : Satisfaction personnelle en ouvrant le Canard Enchaîné aujourd'hui : leur article de couverture se fait exactement la même réflexion :-)

par Alexandre publié dans : Dans la presse
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Blog : Croyances sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus