Un aéroport. Bientôt un avion et ce sera la fin d’un séjour 8 mois passés dans l’île verte. Les bagages sont en route vers la soute ; l’embarquement n’est pas avant quelques heures ; c’est
l’occasion rêvée d’esquisser un bilan du séjour.
J’étais arrivé sans attente, presque par hasard. Une occasion que j’ai saisie. Toujours étrange de répondre à qui me demande pourquoi avoir choisi l’Irlande « Je ne sais pas. Pourquoi pas l’Irlande
après tout ? »
Réponse inattendue : la plupart des étrangers viennent ici pour parfaire leur anglais, trouver un travail dans un pays réputé pour ses salaires généreux ou encore les quelques rêveurs qui pensent
venir ici à la rencontre d’une culture celte (et parfois apprendre le gaélique) voire les trois à la fois.
J’ai parcouru quasiment tout le pays, visité les musées et les églises, mais j’ai tout de même l’impression d’être passé à côté de quelque chose. En fait, pour être plus précis, l’Irlande ne se
visite pas, elle se vit. Le plus beau des musées ne peut se comparer aux paysages de l’arrière-pays et, comment voulez-vous visiter un paysage ? Un arrêt au bord de la route, le temps de prendre
une photo pour pouvoir dire : j’y étais ? Un morceau de tourbe pour évoquer son odeur si caractéristique lorsqu’elle brûle ? Un dépliant pour se souvenir du trajet effectué dans telle ou telle
région sillonnée par les autocars de tourisme ?
Si je ne devais garder qu’un souvenir de l’Irlande, c’est celui du départ du bateau du Kilronan emportant la clameur des touristes avec lui et laissant le port, baigné d’un soleil déclinant de
printemps, aux insulaires et aux quelques hôtes restés sur place en basse saison.
De Dublin, mes impressions sont plus contrastées. Les Irlandais le disent, Dublin, ce n’est pas vraiment l’Irlande. La ville n’est pas vraiment belle, mais pourtant attachante. Que ce soit dans les
pubs où les clients chantent à plein poumon les chansons les plus connues ou encore la gouaille des anciens que l’on croise encore çà et là.
L’avantage, et l’inconvénient, d’une grande ville est de permettre les regroupements par pays où s’effacent toute considération d'origine sociale ou géographique mais aussi les rencontres
d’étrangers par capillarité, que ce soient les anglophones venus travailler un an en Irlande pour voir du pays ou les autres pour une des raisons citées ci-dessus. Beaucoup de rencontres, mais
combien résisteront au temps et à l’éloignement ?
Le retour en France, si attendu soit-il ne m’empêchera pas d’avoir une pensée de temps à autre pour les pubs et ce qui s’y rapporte (comprendre musique et bière), le chocolat chaud d’Insomnia, le
cheesecake au bailey’s en face du château ou encore la Cuisine de France. Peut-être même les Irlandaise en tenu de sortie, qui sait ?
Inversement, j’ai tant râlé contre quantité de choses qu’il serait étrange de dire que tout était rose ici. Mais, après tout, est-ce le moment de faire mon Français ?
Derniers Commentaires