Goedemorgen

Publié le par Alexandre

Les Pays-Bas sont un pays fantastique ! Tout le monde y parle anglais depuis le plus jeune âge, tout les films passent en anglais, les cours à l'universités sont modernes en anglais.

En discutant il y a peu avec un Irlandais, j'étais assez estomaqué par un de ses emplois d'été. Comme beaucoup d'étudiants, il profitait de la trêve estivale pour se précipiter sur ces offres qui permettent de compenser toutes les Guinness achetées au pub tous les manuels d'économie nécessaire à son instruction.

C'est ainsi qu'une des nombreuses agences de recrutement de l'île (trop nombreuses, j'en sais quelque chose), l'avait redirigé vers une entreprise de télémarketing. Un emploi des plus basiques consistant à remplir des questionnaires par téléphone. Vous savez, ceux qui appellent toujours au moment le plus inopportun.

Un emploi sans surprise donc, sauf que mon interlocuteur ne s'attendait pas à se voir attribuer le marché hollandais !

Et lui de s'exclamer "Mais je ne parle pas néerlandais !"

Et bien, non, mais c'est pas grave puisque, c'est bien connu, tout le monde parle anglais là-bas... La conclusion qu'il en retirait c'était qu'il lui fallait juste lancer un Goedemorgen, et les autochtones enchaînaient en anglais.

En 4 mois, seules 3 ou 4 personnes n'ont pas pu lui répondre.

Je trouve tout de même édifiant que ce soit à celui dont on sollicite l'avis de s'adapter à l'enquêteur et même attristant que tous s'y soient plié sans broncher.

En bon franchouillard défenseur de notre belle langue à qui il arrive de répondre en français à celui qui m'aborde directement dans sa langue, j'avoue que je n'aurais aucun remords, si telle aventure devait m'arriver, à répondre cordialement : "Sorry, I don't speak a word of English" !

Et vous ?

Publié dans Politique

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Geabulek 13/08/2008 13:39

En effet, lorsque je parlais de langue officielle, il fallait penser à la chasse au francophone dans les communes de BHV. Combien savent que les routes secondaires autour de la région de Bruxelles sont barrées par des blocs de béton pour rendre les migrations pendulaires les plus difficiles possible et limiter l'extension de la tâche d'huile francophone ?

Au risque d'éventer un billet que j'ai dans les tuyaux, je suis grosso modo d'accord avec toi.

Cependant, ce que je regrette (et que je m'efforcerai de démontrer dans ledit billet), c'est que le problème est pris à l'envers.

Le choix de l'anglais n'est pas un phénomène naturel et il n'est pas neutre économiquement ou politiquement avec l'alternative suivante :
- On estime que c'est l'ordre des choses et on abandonne le français corps et bien (tendance des 10 ou 15 dernières années)
- On reconnait que c'est une source de revenu (direct et indirect) qu'il est nécessaire de valoriser et on se bat à Bruxelles pour rétablir le français dans son role officiel.
- On assume totalement la nécessité d'une langue commune et on promeut l'espéranto.

Quand à la moquerie du Néerlandais envers l'Irlandais monolingue, je crois que ce dernier s'en fout tout autant que le Français qui a perdu son Allemand.

Maxime 13/08/2008 07:55

Le Français n'est pas non plus une langue officielle en Flandres (sauf dans les communes dites à facilités qui posent des problèmes politiques en ce moment). On assiste en Flandres à une sorte de racisme anti-francophone. Or les Français font à peu près la même chose avec l'anglais. Sauf qu'en plus les français sont nuls en langues étrangères, et n'en parlent souvent aucune (il n'y a que les anglophones et hispanophones à être plus nuls que nous).

Parler anglais semble déjà aller de soit ailleurs. Est-ce souhaitable ? Il y a là une question : est-il souhaitable de pouvoir communiquer avec un néerlandais ou un thaïlandais ? La langue n'est-elle pas avant tout un moyen de communication ? Oui, il est en effet souhaitable que l'on puisse tous se comprendre, avoir une langue commune. Et l'anglais a pris, dans les faits, ce rôle.

Pourquoi le choix de l'anglais ? Parce que les anglophones ont le pouvoir économique depuis 2 siècles maintenant. LCela avantage les natives, c'est un fait ; il s'agit effectivement d'une domination d'abord économique, puis culturelle et linguistique. Et que fait le français qui refuse de parler anglais ? Il se rebelle contre l'ordre mondial, l'envahisseur culturel anglo-saxon. Et rêve de l'époque des lumières où le français tenait ce rôle.

Comment alors retrouver la quadrature du cercle : avoir une langue commune et ne pas avantager une culture ? Il existe une réponse : avoir une langue neutre. C'est à peu près le cas de l'esperanto, langue construite dans ce but et très facile à apprendre. Sauf que dans les faits, peu de gens parlent cette langue. Je serait personnellement prêt à l'apprendre si quelque part quelqu'un (l'union européenne ?) décidait de s'y mettre. En attendant, je vois des Français venir se plaindre de la domination culturelle anglo-saxonne, sans proposer de réponse autre que... de demander aux autres d'apprendre le français. En gros, rien de bien constructif, je préfère largement le point de vue néerlandais.

Quand un néerlandais parle anglais avec un irlandais, je me demande si quelque part il ne se moque pas un peu de lui façon : "t'as vu, je parle parfaitement ta langue, mais toi t'es incapable de parler plus de 3 mots de la mienne".

Personne ne regrette d'avoir oublié l'Allemand ? En France beaucoup ont eu des cours d'Allemand jusqu'au BAC, ont tout oublié, ou plutôt prétendent n'avoir jamais rien appris. Et ils ne regrettent pas, ils s'en foutent juste.

Alexandre 13/08/2008 00:17

Je n'ai rien contre le fait que les Néerlandais aiment parler anglais et le pratiquer. Je suis dans le même cas. Cependant, ce qui me choque c'est que, de plus en plus, parler anglais semble aller de soi.

On en arrive à des exemples aberrants comme celui d'une préfecture (de mémoire l'Aisne) qui établit un guichet anglophone pour les étrangers venant s'installer. En parlant justement avec une amie Bruxelloise, celle-ci m'avait justement dit que les Flamands tenaient un langage similaire (ce qui n'était pas forcément un compliment je pense ;-p). Cependant, la différence majeure est que l'anglais n'est pas une langue officielle chez nous.

Lorsque l'on demande aux natives justement leur réaction à cette empressement à communiquer dans leur langue, ils sont soit ravi (génial, pas besoin de me coltiner une autre langue que la mienne), soit agacé parce qu'eux même ne peuvent pratiquer.

Au passage, je doute que quiconque ait su parler une langue regrette de ne plus pouvoir s'en servir ("Chouette, je savais parler allemand, mais heureusement, aujourd'hui c'est terminé !")

Maxime 12/08/2008 19:21

Les néerlandais sont très fiers de parler bien anglais. Et aiment le parler, et l'améliorer en parlant avec des "natives". Donc forcémment, un Irlandais qui les appelle, ils sont forts contents. Ils aiment leur langue, mais pragmatiques, ils considèrent que c'est un énorme atout de connaitre les langues étrangères. On trouve aussi facilement des néerlandais qui ont appris quelques mots d'allemands et de français et qui regrettent d'avoir perdu le peu qu'ils avaient appris à l'école.

Ce qui est amusant, c'est que les flamands (belgique néerlandophone) parlent la même langue et ont appris l'anglais et le français. Ils acceptent de parler anglais quand cela est nécessaire, mais bien que parlant français refusent de le parler. Y compris des douaniers flamands à l'aéroport de Bruxelles-National qui bien que parlant français, refusent de le parler. Aéroport situé dans un pays dont le Français est langue officielle, et sur la "frontière linguistique", juste à côté des zones francophones (Bruxelles elle-même étant bilingue).