Dublin ou un ville en perpétuelle évolution

Publié le par Alexandre

Dublin est une ville qui change, un peu moins depuis le ralentissement économique, mais quand même.

Le changement le plus significatif vient d'un des emblèmes de la ville : une partie de l'usine Guinness de St-James Gate ferme. En effet, la bière est la propriétée d'une multinationale sise à Londres, comme les bières typiquement irlandaises Smithwick's (prononcer Smitiks sous peine de passer pour un plouc), Kilkenny, le whiskey Bushmills, l'inoubliable Bailey's ou encore la Smirnov. La Guinness était brassée là depuis 1759.

Seulement, avec l'extension de la ville, l'usine s'est retrouvée entourée d'habitations et les terrains se sont appréciés.

Mais on ne jette pas bébé avec l'eau du bain. Le Guinness Storehouse, ancien grenier de stockage qui a été reconverti en musée, reste la propriété du groupe. 900.000 entrées à 14 € par an, ça se comprend !

Si toute la production de bières blondes et rousses sera tranféré dans une usine géante plus à l'écart, la matière première de la Guinness continuera a être fabriquée sur place, avant d'être brassée dans la nouvelle usine ou à l'étranger dans des brasseries sous licence. En revanche, Diageo s'est engagé à ce que la Guinness servie en Irlande continue à être brassée à St. James. On ne touche pas impunément à pareil symbole.

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Les Irlandais n'ont pas attendu Attali pour libéraliser l'attribution des licences de taxi. En 2000, c'était fait. Vu la faible fiabilité du système de bus, et la sécurité relative des bus de nuit (paraît-il), le nombre de taxi a explosé de 3.900 à 20.000. On peut donc en trouver à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Bon, il y a quelques inconvénients parfois. Il m'est déjà arrivé de tomber sur des conducteurs qui ne connaissaient pas Griffith Avenue où je vis, alors que c'est la rue la plus longue de tout Dublin. Mais cela reste anecdotique.

Les taxis sont donc nombreux, trop nombreux à leur goût. Alors ils ont manifesté. 
En bloquant les rue ? Non, on est en démocratie quand même, pourquoi laisser des individus entraver la chaussée ? En arborant un brassard à la japonaise, comme a été récemment suggéré ? Que nenni : ils ont décidé de klaxonner. Effectivement quand tous les taxis cornent en ville, ça fait du bruit, et on se rend compte qu'ils sont nombreux. En même temps, tant que je suis sûr d'en trouver un quand j'en ai besoin...

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Le même jour tombait une nouvelle qui aurait pourtant dû les ravir : un plan pour bannir les voitures du centre-ville était à l'étude. Les axes principaux seraient réservés aux bus et taxis à l'image d'Oxford Street à Londres. Un des gratuits du matin titrait joliment "Where the streets have no cars !"

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Sinon le Monde d'hier consacrait un papier au référendum irlandais sur le traité de Lisbonne. On passera sur le fait qu'il a été réalisé par le correspondant de Londres, ou encore que ce dernier ait effacé 1,2 millions d'habitants d'un trait de plume.

Non, le passage le plus discutable est celui-ci :
"Comment expliquer dans ces conditions le nombre d'indécis ? Le camp du non s'appuie pêle-mêle sur les revenus modestes et les laissés-pour-compte du "Tigre celtique", les neutralistes, l'extrême gauche ainsi qu'une poignée d'entrepreneurs tenants du tout-libéralisme. Ceux qui, pour une raison ou une autre, attribuent à la construction européenne l'origine de leurs problèmes se concentrent dans les régions pauvres de la frontière avec l'Ulster, le centre et l'ouest. Ce courant populaire, voire populiste, pointe en particulier du doigt la "clause de solidarité" prévue par le traité en cas d'attaque terroriste." (je graisse)

Le neutralisme, oui absolument. L'extrême-gauche, oui, j'en ai déjà parlé. Mais la poignée d'entrepreneurs tenants du tout-libéralisme est un non sens total. Le journaliste fait certainement référence à Libertas qui est l'émanation d'un riche entrepreueur, certes, mais il passe totalement sous silence le fait que pour l'immense majorité de la population, le développement de l'Irlande s'est fait grâce à une politique d'imposition (très) compétitive, et que c'est la crainte d'une remise en question (totalement voulue par quelques pays dont la France au premier plan) qui pousse les indécis à voter non, par sécurité...

Bref, s'ils votent non, ce n'est pas du tout pour des raisons opposées à celles des nonistes français. Ca se vendrait moins bien comme argument...

Publié dans Dans l'Eire du temps

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