Référundum irlandais : diversité du non et réveil du oui

Publié le par Alexandre

Dans un billet précédent, je faisais un état des lieux du non en Irlande. Mise à jour d'une chronique irlandaise.

Les nonistes ont donc pris une longueur d'avance dans le matraquage des esprits au point d'établir un équilibre aux trois tiers (oui, non, indécis) dans les sondages.

Ce week-end ci, c'était l'embouteillage sur O'Connell Street. Alors pour rappel, la poste principale de Dublin, sise dans l'artère précitée, est le point de rassemblement des manifestations politiques par excellence puisque que c'était le QG du soulèvement de Pâques 1916. C'est un peu comme les manifestations en faveur des droits de l'Homme sur la place du trocadéro ou l'habituel République-Bastille-Nation (ou République-Nation suivant la taille du cortège) pour les syndicalistes français.

Alors ce samedi-ci, les trotskistes du Socialist Worker Party étaient déjà installés sur le trottoir avec mégaphone, présentoir et militants préposés aux tracts.

Leur site internet : voteno.ie.

Sur l'esplanade centrale, le Sinn Féin  était en train de se déployer avec un mégaphone sur pied (plus de moyens ?).

Les rigolos de WiseUp quant à eux se sentaient un peu exclus et on décidé après quelques coups de fil de déployer leur banderole le long du mur du GPO.

C'était un peu à qui votera non le plus fort...

Lève-toi et marche
Les pro-Lisbonne se sont eux réveillés. Brian Cowen, le nouveau Taoiseach, devait aujourd'hui exorter son parti - Fianna Fáil - à s'engager dans la campagne, nous annonçait l'Irish Times.

Cowen compte notamment s'appuyer sur une déclaration de Gordon Brown la semaine dernière où celui-ci assurait que jamais, ô grand jamais, le Royaume-Uni n'aurait approuvé un texte qui confierai à l'UE la fixation des taxes et impôt (c'est la pierre d'achoppement la plus importante, je le rappelle). Nul besoin de rappeler le désintéressement qui caractérise les Britanniques dès qu'ils s'agit d'Europe et d'argent (allez si... Un pour le plaisir : "I want my money back") : c'est donc une caution en béton dont dispose le Taoiseach.

Cowen motive les ouiistes et le hasard faisant bien les choses, une forêt de panneau en faveur du traité s'est élevée ce week-end sur les lampadaires de la capitale.

Il y en a de toutes les couleurs. Le vert ci-contre est celui du Fianna Fáil qui renvoie sur le site dédié : vote4europe.ie.

Arguments-clé : un oui pour une UE encore plus démocratique ; qui améliore son processus de prise de décision ; qui protège mieux les droits des citoyens de l'Union ; qui permet à l'UE de mieux faire face aux défis qui se présentent à l'UE et à ses membres et qui protège les intérêts des membres les plus petits.

La version jaune est un panneau de l'alliance des entreprise pour l'Europe. Un regroupement assez hétéroclite (mais plus transparent que Libertas assurément).

Leur site : yestolisbon.ie

J'avoue que je trouve la rubrique "Rumeur contre faits" assez pertinente pour contrer la campagne de désinformation menée par certains nonistes.

J'ai croisé d'autres militants avec d'autres pancartes. Je les poste dès que je les aurais retrouvées.

Si certains sont intéressés, je peux aussi numériser les tracts des nonistes (se manifester par courriel ou commentaires).

Bref, nous sommes à pile un mois du référendum et la campagne débute pour de bon...

Publié dans Dans l'Eire du temps

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Pruneau 13/05/2008 10:39

C'est excellent comme argument : on vous assure, ce traité ne sert à rien - la preuve, même les Anglais sont d'accord. Votez pour !

Pour Gordon Brown, ça doit être agréable de savoir que son opinion compte quelque part, même si ce n'est pas chez lui. Comme quoi, nul n'est prophète en son pays.