Le Travail, c'est la santé

Publié le par Alexandre

"Tu ne parles jamais de ton taf !" me disait-on pas plus tard que la semaine dernière. Bah oui, j'avais pourtant promis que j'aborderais le sujet.

Pour ceux qui n'auraient pas suivi, je travaille dans une agence de recrutement.

A vrai dire, il s'avère que c'est un tantinet plus compliqué que prévu. En effet, je suis soumis à une clause de confidentialité qui m'empêche (et c'est normal) d'évoquer explicitement des anecdotes de travail. De plus, je n'ai ici qu'un anonymat relatif et le curieux bien renseigné ne devrait avoir aucun mal à retrouver mon état civil, ce qui rend l'identification des personnes dont je parle beaucoup plus facile.

Enfin, j'avoue que j'ai préféré attendre un petit moment pour traiter justement de ce qui constitue mon occupation quotidienne. Je suis passé par une période d'optimisme exubérant, rapidement compensée par un pessimisme assez marqué. Aujourd'hui, j'ai donc un recul qui me permet de voir tant les bons côtés que les moins évidents.

Un exemple qui illustre tout à fait ce mouvement de balancier : les lettres de refus. En ayant reçu une tripotée, je me suis fait un plaisir d'écrire les premières. Mais très rapidement, je me suis senti désolé pour la personne à qui je l'envoyait. Parfois c'est juste un profil qui correspond pas au style de boulots de la maison, auquel cas c'est pas trop grave, mais le pire reste les refus pour cause de permis de travail. Les agences de recrutement ne sont généralement pas autorisées à promouvoir des candidats qui n'en n'ont pas (pour éviter d'ajouter aux frais d'agence des frais de procédure pour le permis de travail).

Cependant, au bout du fil se trouve un Indien, un Nigérian, un Roumain ou un Bulgare (car tout membre de l'UE qu'ils sont ils n'ont pas le droit de venir s'installer et travailler en Irlande sans permis !) qui est qualifié mais à la candidature duquel je ne peux donner suite. Le pire est quand ils essayent de plaider leur cause : "Mais je suis très motivé pour venir travailler dans ce pays et j'ai les compétences !". Ben, oui. Mais ça change rien...

Par ailleurs, j'ai découvert un effet secondaire pendant mon boulot (qui est de faire passer des entretiens.) Je sélectionne les CV, contacte les candidats et leur propose soit un entretien téléphonique (ils sont loin), soit un entretien Face to face. Irrémédiablement, je chantonne en l'inscrivant dans mon emploi du temps.

Dernière anecdote, le nom de l'agence est similaire à celui d'un organisme public local. Un peu comme si en France on s'appelait A.N.T.E. Il arrive de temps à autres (en ce moment c'est 2 à 3 fois par semaine) qu'on nous appelle à la place... Allô ? Boucherie Sanzot ?

Bref, le Travail c'est la santé : mais à quoi sert alors la médecine du travail s'interrogeait Pierre Dac ?

Publié dans Dans l'Eire du temps

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