Un bol d'Eire frais

Publié le par Alexandre

Fáilte.

Après avoir vécu la ville prise de vert(ige) pour la St-Patrick, je reviens d'un voyage dans le tourbillon (haha !) de l'Irlande profonde.

Première impression : c'est magnifique. Je reviens d'un carte postale. Grosso modo, je suis passé
ici, , en passant par une ville qui a du chien.

Alors quelques anecdotes tout de même : aux îles d'Arann, le temps change toutes les 15 minutes. Montre en main. Le vent est très puissant : c'est la première fois que je dois pédaler pour descendre une cote en vélo ! Les cottages abandonnés, c'est romantique quand ils sont vieux, mais quand les maisons sont récentes et que la portière de la voiture claque toujours devant, c'est un peu plus flippant (virus ou zombies ?).
Sinon, dans le Marche de la laine des îles d'Arann, j'avoue avoir adoré le certificat d'authenticité des
fameux pulls émis par la boutique elle-même !

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Première constatation, le gaélique, c'est un peu comme le pied d'un arc-en-ciel : c'est toujours un peu plus loin. A Dublin, on pense qu'on le parle à Galway, mais à Galway, c'est dans le Connémara qu'il faut aller. Alors sur
une carte, ça fait des belles zones vertes, mais vu la densité au km²... Sans compter qu'à l'époque, le critère était d'avoir plus de 25% de locuteurs.

L'attitude des Irlandais est assez contrastée vis à vis de la langue. Généralement les jeunes l'ont appris à l'école, mais ne se souviennent de rien (comprendre : vide absolu). Samedi, un étudiant m'avouait benoitement l'avoir appris pendant 14 ans et ne pas connaître plus que les phrases basiques que je pourrais trouver dans mon guide du Routard ! En fait, sur les 7 matières qui constituent le baccalauréat local, comptent seulement les résultats de 6 épreuves. L'Irish étant la matière communément écartée.

Maigre consolation, il est nécessaire de connaître la langue pour entrer dans la fonction publique, mais bon, une connaissance basique est apparemment suffisante puisque j'ai rencontré une institutrice qui avouait le comprendre, mais ne pouvait soutenir une conversation qu'avec un enfant.

Encore une fois, l'Irlande, terre de contrastes, montre toute l'ambiguité d'une population partagée entre un retour à ses racines (qui se manifeste par des écoles gaéliques - un peu comme les
écoles Diwan), et un désintérêt généralisé (à quoi ça sert de s'emm* avec une langue qui ne sert à rien).

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Deuxième constatation : je hais mes semblables. Ou plus précisement : quand je visite un lieu, moins il y a de touristes, mieux je me porte. C'est un paradoxe car je ne pense pas être le seul à le penser.

J'ai passé une nuit sur Inishmore. Le week-end de Pâques. Impressionnante est la différence entre l'île le jour et la passé 5h. Pourquoi 5h ? C'est le dernier départ de ferry. L'île retrouve un calme qui lui confère une majesté qui tranche avec la fourmillière de touristes la journée.

Alors, il est vrai que les touristes contribuent à l'économie locale. Beaucoup. Entre les hôteliers, les loueurs de vélos les dizaines de tour en minibus disponibles (je suis sûr qu'on dtoi retrouver un des ratios de minibus/habitant les plus élevés au monde), les restaurants, et les magasins d'artisannat local.

Mais se sentent-ils vraiment chez eux, ceux qui voient débarquer des masses d'allochtones qui viennent voir les paysages et monuments, certes, mais aussi la véritable irlande.

Quel choix pour les insulaires ? une muséification progressive qui les enferme dans le folklore comme acteur d'un
spectacle à destination du touriste, ou alors assumer complètement la modernité de leu mode de vie sans passer leur héritage historique par pertes et profits, au risque de déplaire au châland ?

Le tout est résumé par une citation piquée à l'entrée du musée de Galway : "
Être fidèle, ce n'est pas transmettre des cendres, mais la flamme."

Vaste question, dont il semble que nous ne sommes pas exempts...

Publié dans Dans l'Eire du temps

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Alexandre 26/03/2008 00:34

J'étais dans l'auberge de jeunesse le Kilronan hostel, celle qui est accolée au Joe Ti McBar...
Dans un dortoir de 6 personnes, mais tout seul !

Sinon tu as raison, les gens parlent Gaélique sur l'île (il faut voir leur visage s'illuminer quand on articule deux ou trois syllabes !) mais ça leur donne aussi un accent assez charmant, mais dans le cas du taulier de l'auberge assez difficile à comprendre (il parlait très vite !)

Samuel 26/03/2008 00:21

Je me reconnais tout à fait dans ce que tu raconte sur les îles d Aran, j ai vecu les memes choses. mais ou a tu dormi ? ET là bas, les gens parlent bien Gaelique j avais eu l impression ... Il faut dire que plus ou l ouest on tombe a l eau...