Violents échanges

Publié le par Alexandre

Ca cogne dur en Russie. Je sursaute en lisant mon agrégateur RSS ce midi (oui, c'est mal, je sais...) : "Vladimir Poutine suggère de «corriger» Le Figaro". Fichtre ! Que vient-il faire dans nos affaires celui-là m'exclamais-je, tout en me demandant ce qui pouvait justifier tant de violence. 

Violence ? Ah, non... il y a des guillemets. C'est métaphorique alors, il veut rectifier une exactitude dans le journal (ce genre d'assertions grossières telles que "La Russie vit sous un régime autoritaire") me dis-je alors que la page se charge lentement...

Pour faire simple, le correspondant du Figaro, Fabrice Nodé-Langlois, relate l'exploit du journaliste du Figaro (au hasard Nodé-Langlois Fabrice ?) assistant à la conférence de Poutine, et n'écoutant que son courage a lancé une question impertinente. A un autre journaliste russe qui s'excusait de cette "question incorrecte", Poutine lui suggère de "le corriger". Voilà l'affaire.

Mais bon, de là à composer une ode à la gloire de l'intrépide, il y tout de même un pas à franchir. Ce qui me dérange le plus ? Que le compte-rendu de la réunion, n'est lui qu'une retranscription d'agence de presse, à peine plus longue...

En réalité, cet article aurait eu bien plus sa place dans les blogs du Figaro (qu'ils ont lancé en janvier 2008, longtemps après ceux de Libération, et très longtemps après Le Monde). Ont-ils du mal à comprendre la différence ?

Les enfants et la Shoah : un effet d'annonce (Schneidermann parle de fumigène) qui, au moins, à l'avantage de coûter moins cher que le retrait de la publicité des chaînes du service public. Je pense sincèrement que ce ne sera pas appliqué, ou alors une fois, dans quelques écoles, pour garder la face... un peu comme le lundi de Pentecôte en fait.

Néanmoins, je trouve l'idée un peu glauque. Pourquoi infliger ça à des enfants de CM2 ? Il y a tout de même des initiatives plus heureuses pour ce devoir de mémoire. Au Royaume-Uni, le Ministère de l'Education a financé pour plusieurs années l'envoi d'un élève de 6e par établissement à Auschwitz. Pour qu'il puisse témoigner. 

Et puis, pourquoi seulement les enfants morts pendant la Shoah, et pas les autres ? 

Sincèrement, si Sarkozy avait voulu vraiment marquer les esprits, sachant qu'il a fait du Darfour une de ses priorités, il aurait dû proposer d'associer à chaque enfant de CM2 un enfant de là-bas... En attendant quand même que les choses se calment avant de faire des échanges de correspondants...

Publié dans Dans la presse

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