Paiera ? paiera pas ?

Publié le par Alexandre

Amusante mise en perspective offerte par mon agrégateur RSS ce matin, qui me rappelle ces cours de prépa où l'on parlait de la fertilisation croisée (pour expliquer en quelques mots, il s'agit d'un processus où chacun s'inspire de l'invention du voisin pour innover à son tour. Exemple : la machine à vapeur : tiens, si on la mettait sur des roues ?).

Voilà quelques jours que Daniel Schneidermann, viré de France 5 sous prétexte que son émission @rrêt sur Image (ASI) prenait la poussière, a lancé un site et entend continuer son aventure sur internet. Rien d'extraordinaire ici sauf que pour éviter contrainte imposée par un investisseur ou un annonceur (on ne mord pas la main qui vous nourrit dit le proverbe), ce dernier a choisi de financer son site d'une manière assez originale : ce ne sera pas gratuit. Ou plutôt, tout ne sera pas gratuit.

En effet, la viabilité du projet est fondée sur un système d'abonnement pour accéder à des articles réservés, d'autres restant en accès libre (il faut tout de même appâter le chaland). En quelques jours, il a franchi la barre des 10.000 abonnés, j'avoue être à la fois ravi et surpris.

Parallèlement, le New-York Times qui, avec le Wall Street Journal était un des grands exemples du succès des abonnements payants abandonne son système et offre gratuitement l'intégralité de ses archives aux internautes. Le journal a calculé qu'en comptant sur les liens pointant vers leur contenu, leur fréquentation augmenterait de de manière exponentielle. Vu que les publicités des sites des journaux sont généralement payées au CPM (coût pour mille impressions) et non au CPC (coût par clic), les recettes attendues seraient bien plus intéressantes.

Alors quelle différence entre les deux cas exposés. Tout d'abord, le New-York Times, de part son importance et sa réputation n'a que peu de soucis à se faire d'une éventuelle tentative de contrainte d'un annonceur. D'autre part, la vocation d'@rrêt sur images étant d'analyser d'un point de vue critique les médias, la probabilité d'heurter est beaucoup plus importante.

Enfin, chose remarquée par Schneidermann dans un de ses derniers billets : les abonnés s'engagent plus qu'ils ne financent le projet. Ce n'est pas tant pour le contenu (qui d'ailleurs ne sera disponible qu'au 1er janvier), que pour la cause qu'il souscrivent. Intéressant, mais pas forcément reproductible pour un site généraliste.

En fin de compte, il est très probable que ce changement de média pour ASI soit un synonyme de changement d'échelle. En effet, combien de personnes (au nombre desquelles je me compte) connaissaient l'émission sans pour autant avoir le réflexe d'allumer France 5 le dimanche après-midi et vont pouvoir profiter des analyses de l'équipe d'ASI lorsqu'ils leur plaira !

Conclusion : abonnez-vous, c'est pas cher (12 € pour un an pour les étudiants), et si vous ne voulez pas, vous pouvez toujours tentez la solution de l'ami radin : si vos motivations les convainquent, vous serez gratifié d'un abonnement gratuit !

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