De mal en pis

Publié le par Alexandre

Il faut croire que l'Amérique profonde a eu une mauvaise influence sur les capacités cognitives de notre président .

Toujours est-il qu'après ses réactions sur l'agression pédophile qui remplit les colonnes de nos journaux ces temps-ci (et dont l'inanité est disséquée par Maître Eolas, et la dangerosité par Jules de chez Dinner's Room).

Ce matin vient de tomber, une dépêche où L'Elysée considère qu'il est inconcevable que Cécilia Sarkozy soit entendue par la commission d'enquête parlementaire. Tout d'abord, ça paraît bizarre que l'Elysée décide de qui peut voir cette commission.

Ce qui est aussi agaçant, c'est le traitement de cette info, au lieu d'entendre "L'Elysée refuse que Cécilia soit entendue comme témoin", ça prenait plutôt la forme de "Cécilia n'ira pas, l'Elysée a dit non". La nuance est ténue, j'en conviens, mais tout de même d'importance, même si le seul référent de la majorité semble être la volonté du président (cf. François Fillon aux Antilles, entendu sur France Info)

Après vérification sur le site de l'Assemblée Nationale, les pouvoirs accordés à la commission sont assez importants : 
"Toute personne dont une commission d'enquête a jugé l'audition utile est tenue de déférer à la convocation qui lui est délivrée, si besoin est, par un huissier ou un agent de la force publique, à la requête du président de la commission. A l'exception des mineurs de 16 ans, elle est entendue sous serment. Elle est tenue de déposer sous réserve des dispositions relatives au secret professionnel prévues aux articles 226-13 et 226-14 du code pénal. Chaque commission d'enquête est libre d'organiser la publicité des auditions auxquelles elle procède par les moyens de son choix, y compris par retransmission télévisée. Elle peut, à l'inverse, choisir de se placer sous le régime du secret." (source).

Elle peut de même se faire communiquer tous les documents  "
à l'exception de ceux revêtant un caractère secret et concernant la défense nationale, les affaires étrangères, la sécurité intérieure ou extérieure de l'Éat, et sous réserve du respect du principe de la séparation de l'autorité judiciaire et des autres pouvoirs.". (je graisse).

Ceci dit, David Martinon, le porte parole de l'Elysée, invoque la séparation des pouvoirs de la constitution. J'avoue que je ne suis pas forcément qualifié pour analyser ce point-là, mais je doute que la notion "d'envoyée personnelle" ait un quelconque fondement juridique.

Mais... la revalorisation du rôle du parlement, c'était dans quel programme déjà ?

Publié dans Dans la presse

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