Mercredi 3 octobre 2007
Il est des textes qui gagnent à être connus. Les débats de l'assemblée nationale sont de ceux-là, surtout lorsqu'ils sont agités.

La semaine passée, les députés ont adopté un projet de loi autorisant la ratification du protocole de Londres. Le texte suscite des débats passionnés notamment parce qu'il marque un repli notable du français dans les institutions européennes (l'office européen des Brevets de Munich). Les colonnes politique sont remplies de tribunes, prônant tantôt pour, tantôt contre, chacun utilisant les mêmes invocations péremptoire, et des chiffres sortis d'on-ne-sait-où.

Par exemple l'un dira que les frais de traduction d'un brevet représente 40% du coût, l'autre 15%. Qui croire ?

L'avantage de l'assemblée nationale, c'est que les contradicteurs sont face-à-face, et n'hésitent pas à se voler dans les plumes. Ce débat là est exemplaire.

Enfin, et c'est peut-être un peu anecdotique, j'ai un peu mal lorsqu'on voit que l'appel de Valérie Pécresse à l'esprit des Lumières a pour seul effet de déclencher des rires dans les bancs UMP et Divers Gauche.
par Alexandre
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Samedi 22 septembre 2007
L'été est, pour nos quotidiens nationaux une période où l'actualité est parfois un peu moins trépidante qu'à l'accoutumée. D'où la remontée de sujet pas toujours très frais, mais qui peuvent néanmoins être très intéressants. Ainsi, cet été le Figaro a ressorti une enquête sur un fait de société qui n'a jamais quitté la mémoire collective : les explorateur urbains.

Le lieu par excellence de l'explorateur urbain, ce sont les catacombes parisiennes. Lieu de passage des contrebandiers du temps de l'octroi (le passage est signalé toujours signalé sous la rue St-Jacques), mais aussi de résidence dans le film de Tchernia Les Gaspards. De temps à autres, les catacombes se rappellent au souvenir de la capitale, lorsque certains creusent tout près de la prison de la santé, ou encore lorsque les policiers découvrent une salle de cinéma près du Palais de Chaillot (qui, situé sur la rive droite, ne fait pas partie du réseau principal des anciennes carrières de Paris qui sont sous le XIIIe et le XIVe arrondissements).

On trouve un peu de tout dans les catacombes, des paumés, des gens pour qui cet endroit sont un livre d'histoire à ciel ouvert (enfin, façon de parler...) ou d'autre qui le voient comme un terrain d'expression artistique (d'où le conflit entre tagueurs et restaurateurs). Il paraît même que l'on croise des rats, mais c'est assez rares, de même que des schtroumpfs (un peu plus fréquent et plus onéreux).

Un sujet intéressant certes, mais un peu daté. Le journaliste nous parle d'un groupe nommé les untergunther qui a défrayé la chronique voila quelques mois pour avoir restauré en douce une vieille horloge du Panthéon. C'était il y a 10 mois, au bas mot. D'autre part, pour des groupes cloisonnés, il y a tout de même un taux de consanguinité importante que l'on voit lorsqu'on fait quelques recherches. En effet, Lazar Kunstmann, est à la fois porte-parole des Unthergunther (qui ont restauré l'horloge donc), mais aussi un membre de la mexicaine de perforation (qui a crée la salle de cinéma de Chaillot). Des autres groupes mentionnés, aucune trace. Autre approximation : "ici, un ancien bunker allemand, à quelques mètres d'une cache de la Résistance", sauf que l'abri de la résistance est situé à Denfert et que le bunker Laval est sous le lycée Montaigne...

Il n'empêche que ma curiositée est piquée...  Je me souviens encore des excursions que je faisais avec mon grand-père dans une graineterie qui se situait près de chez eux, petit c'est fantastique de découvrir un bâtiment de cette ampleur et son organisation sous-jacente. Et maintenant, en tant que parisien exilé une immense vague de nostalgie me prend : je veux redescendre...

Bibliographie :
Atlas du Paris sous-terrain de l'excellente maison d'édition Parigramme.
par Alexandre publié dans : Dans la presse
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Mercredi 19 septembre 2007
Amusante mise en perspective offerte par mon agrégateur RSS ce matin, qui me rappelle ces cours de prépa où l'on parlait de la fertilisation croisée (pour expliquer en quelques mots, il s'agit d'un processus où chacun s'inspire de l'invention du voisin pour innover à son tour. Exemple : la machine à vapeur : tiens, si on la mettait sur des roues ?).

Voilà quelques jours que Daniel Schneidermann, viré de France 5 sous prétexte que son émission @rrêt sur Image (ASI) prenait la poussière, a lancé un site et entend continuer son aventure sur internet. Rien d'extraordinaire ici sauf que pour éviter contrainte imposée par un investisseur ou un annonceur (on ne mord pas la main qui vous nourrit dit le proverbe), ce dernier a choisi de financer son site d'une manière assez originale : ce ne sera pas gratuit. Ou plutôt, tout ne sera pas gratuit.

En effet, la viabilité du projet est fondée sur un système d'abonnement pour accéder à des articles réservés, d'autres restant en accès libre (il faut tout de même appâter le chaland). En quelques jours, il a franchi la barre des 10.000 abonnés, j'avoue être à la fois ravi et surpris.

Parallèlement, le New-York Times qui, avec le Wall Street Journal était un des grands exemples du succès des abonnements payants abandonne son système et offre gratuitement l'intégralité de ses archives aux internautes. Le journal a calculé qu'en comptant sur les liens pointant vers leur contenu, leur fréquentation augmenterait de de manière exponentielle. Vu que les publicités des sites des journaux sont généralement payées au CPM (coût pour mille impressions) et non au CPC (coût par clic), les recettes attendues seraient bien plus intéressantes.

Alors quelle différence entre les deux cas exposés. Tout d'abord, le New-York Times, de part son importance et sa réputation n'a que peu de soucis à se faire d'une éventuelle tentative de contrainte d'un annonceur. D'autre part, la vocation d'@rrêt sur images étant d'analyser d'un point de vue critique les médias, la probabilité d'heurter est beaucoup plus importante.

Enfin, chose remarquée par Schneidermann dans un de ses derniers billets : les abonnés s'engagent plus qu'ils ne financent le projet. Ce n'est pas tant pour le contenu (qui d'ailleurs ne sera disponible qu'au 1er janvier), que pour la cause qu'il souscrivent. Intéressant, mais pas forcément reproductible pour un site généraliste.

En fin de compte, il est très probable que ce changement de média pour ASI soit un synonyme de changement d'échelle. En effet, combien de personnes (au nombre desquelles je me compte) connaissaient l'émission sans pour autant avoir le réflexe d'allumer France 5 le dimanche après-midi et vont pouvoir profiter des analyses de l'équipe d'ASI lorsqu'ils leur plaira !

Conclusion : abonnez-vous, c'est pas cher (12 € pour un an pour les étudiants), et si vous ne voulez pas, vous pouvez toujours tentez la solution de l'ami radin : si vos motivations les convainquent, vous serez gratifié d'un abonnement gratuit !

par Alexandre publié dans : Internet et informatique
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Samedi 8 septembre 2007
Dans la typologie des soirées nancéiennes, il y a la soirée ultime : le bring. C'esy une sorte de squattage d'appartement proposé par son propriétaire où chacun amène sa boisson (to bring, brought, brought, apporter en anglais).

Un bring est donc une soirée où il n'est pas nécessaire d'être invité, le simple fait d'être au courant (et de ne pas venir les mains vides) suffit.

L'ennui étant que ces soirées étant trop rares aux yeux des amateurs (et  trop marquantes pour la caution des appartements), les rêves parfois s'enflamment, et grâce au téléphone arabe (ou aux murmures chinois signale Jules  de What's next) une simple soirée se tranforme à l'insu de son initiateur.

Ou encore, dit plus joliment...

Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l'oreille du plus mystérieux
De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce MOT - que vous croyez que l'on n'a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre -
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre ;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle !
Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera ;
Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,
Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive
Et railleur, regardant l'homme en face dit :
"Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel."

Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.
(Le Mot, Victor Hugo)

Tout ça pour dire que j'avais prévu une soirée ce soir...


par Alexandre publié dans : Nancy
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Jeudi 6 septembre 2007
Parmi les facéties que nous procure parfois la langue française, en voici une assez cocasse.

Je me dirigeais la semaine dernière vers mon Restaurant Universitaire préféré, mais au moment où mon estomac se réjouissait de trouver enfin quelque chose à digérer... impossible d'y accéder. Le RU est en Restauration, certes, mais pas celle que je recherche...
par Alexandre publié dans : Nancy
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Mardi 28 août 2007
J'étais amusé de retrouver dans mon hebdomadaire satirique de mercredi dernier, une reprise d'un article de Libération sur le benjamin de l'assemblée nationale : Olivier Dussopt. Or j'avais le souvenir très net d'une série du Figaro sur Frank Riester, benjamin de l'assemblée lui-aussi.

La probabilité d'une naissance à la même minute du même jour dans une même année (je leur fais grâce des secondes) étant tout de même asymptote à zéro, j'ai entrepris de retrouver ladite série.

Il ne fallait pas chercher plus loin qu'une querelle futile entre deux journaux qui n'hésitent pourtant pas à se draper dans l'objectivité de leur travail lorsque les circonstances le demandent : Riester est député UMP, Dussopt, député PS. Et effectivement, Riester n'est que le benjamin du groupe majoritaire à l'assemblée.

Faute de benjamin, le Figaro aurait pu se reporter sur le doyen qui, lui, est encarté à l'UMP (de même que la quasi-totalité des septagénaires de l'hémicycle). Apparemment, c'est moins vendeur.

Pour en revenir à nos benjamins, les statistiques de l'Assemblée nationale classent Riester 3e après Dussopt donc, et Sylvia Pinel, Apparenté Socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

Eut-elle été bayrouiste, aurait-elle eu droit à son portrait dans le Monde ?
par Alexandre publié dans : Dans la presse
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Jeudi 23 août 2007
Il faut croire que l'Amérique profonde a eu une mauvaise influence sur les capacités cognitives de notre président .

Toujours est-il qu'après ses réactions sur l'agression pédophile qui remplit les colonnes de nos journaux ces temps-ci (et dont l'inanité est disséquée par Maître Eolas, et la dangerosité par Jules de chez Dinner's Room).

Ce matin vient de tomber, une dépêche où L'Elysée considère qu'il est inconcevable que Cécilia Sarkozy soit entendue par la commission d'enquête parlementaire. Tout d'abord, ça paraît bizarre que l'Elysée décide de qui peut voir cette commission.

Ce qui est aussi agaçant, c'est le traitement de cette info, au lieu d'entendre "L'Elysée refuse que Cécilia soit entendue comme témoin", ça prenait plutôt la forme de "Cécilia n'ira pas, l'Elysée a dit non". La nuance est ténue, j'en conviens, mais tout de même d'importance, même si le seul référent de la majorité semble être la volonté du président (cf. François Fillon aux Antilles, entendu sur France Info)

Après vérification sur le site de l'Assemblée Nationale, les pouvoirs accordés à la commission sont assez importants : 
"Toute personne dont une commission d'enquête a jugé l'audition utile est tenue de déférer à la convocation qui lui est délivrée, si besoin est, par un huissier ou un agent de la force publique, à la requête du président de la commission. A l'exception des mineurs de 16 ans, elle est entendue sous serment. Elle est tenue de déposer sous réserve des dispositions relatives au secret professionnel prévues aux articles 226-13 et 226-14 du code pénal. Chaque commission d'enquête est libre d'organiser la publicité des auditions auxquelles elle procède par les moyens de son choix, y compris par retransmission télévisée. Elle peut, à l'inverse, choisir de se placer sous le régime du secret." (source).

Elle peut de même se faire communiquer tous les documents  "
à l'exception de ceux revêtant un caractère secret et concernant la défense nationale, les affaires étrangères, la sécurité intérieure ou extérieure de l'Éat, et sous réserve du respect du principe de la séparation de l'autorité judiciaire et des autres pouvoirs.". (je graisse).

Ceci dit, David Martinon, le porte parole de l'Elysée, invoque la séparation des pouvoirs de la constitution. J'avoue que je ne suis pas forcément qualifié pour analyser ce point-là, mais je doute que la notion "d'envoyée personnelle" ait un quelconque fondement juridique.

Mais... la revalorisation du rôle du parlement, c'était dans quel programme déjà ?
par Alexandre publié dans : Dans la presse
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Mardi 14 août 2007
Dans la soirée, on a eu une chauve-souris dans l'appartement. Sauf qu'elle n'a pas sonné à l'interphone, qu'elle n'a pas monté les marches et qu'elle n'a pas frappé à la porte.

Elle a dû passer par la fenêtre. Admettons... 

NB : Même si Bigard est généralement dénigré pour son humour salace, ce sketch-ci vaut vraiment le coup (il a été écrit par Pierre Palmade, ceci peut expliquer cela)

 

 

par Alexandre publié dans : Nancy
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Lundi 13 août 2007
Saviez-vous d'où vient le mot spam ? Non, et bien, Ecran publie dans un dossier consacré à ces courriels publicitaires un dossier complet dont notamment l'origine du terme.

Tout part d'un sketch du Monty Python Flying circus. Pour se moquer d'une réclame de l'époque où "spam" (pour SPiced hAM, ou jambon épicé) était répété sans cesse, la troupe comique anglaise a mis en scène un bistrot où tous les menus sont composés de spam, et pendant la séquence, un choeur de viking improvise un chant avec le même mot.

Et en français ? L'office Québécois de la langue française a proposé pourriel (contraction de pourri et courriel qui est lui-même la contraction de....bref), mais d'après Wikipédia a été rejeté par l'Académie française parce que trop proche de courriel. L'opération est tout de même gonflée sachant que quelques années auparavant, l'Académie a préféré imposer son affreux mél au lieu d'adopter le courriel québecois.

Pour réconcilier ces deux parties, je propose simplement de revenir à l'origine du mot spam, et de l'adapter à notre culture télévisuelle.

Par conséquent, je propose que nous traduisions le spam par du "Mercurochrome le pansement des héros". Ca sonne bien, non ?
par Alexandre publié dans : Internet et informatique
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Dimanche 12 août 2007
Ma vie est bien réglée ces jours-ci. Je me lève vers 9h,  je mange vers midi et  je me couche tout au plus à 22h.

Quoi de plus extraordinaire ? Rien si ce n'est que je suis à l'heure québecoise alors que je me trouve encore en France. Tout cela s'est fait  plus ou moins naturellement avec l'exil de Pruneau à son congrès de linguistique (corrolaire, il est à Montréal).

C'est inattendu, mais c'est un des voyages les moins chers qu'il m'ait été donné de faire. Et je n'ai même pas l'inconvénient du long trajet en avion. En revanche, les souvenirs sont un peu moins consistants, et les photos ne sont pas au rendez-vous (quoi qu'une recherche sur Google Image pourrait peut-être donner le change).

Sur ce, je me prépare à déjeuner ; normal, il est 12h22... au Québec !
par Alexandre publié dans : Nancy
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