Un titre qui aurait pu se révéler véridique, mais qui ne s'est finalement pas concrétisé. Comme annoncé précédemment, me voilà à présent en terre irlandaise. Dublin est réputé pour son immobilier
hors de prix, mais ses collocations abordables. Alors je suis arrivé 6 jours avant le début de mon stage pour voir si, en effet, il est possible de trouver un logement en moins d'une semaine. On
allait voir ce qu'on allait voir...
Première étape : découvrir la source idéale. Pas trop de travail puisque qu'ici tout le monde ne jure que par un seul site internet : Daft. L'inconvénient de postuler pour les collocations depuis
la France ? Les gens ne répondent quasiment aux courriels et ne m'appellent pas sur mon portable français (pas fous non plus, je les comprends !).
Deuxième étape : Une fois pourvu d'un portable irlandais ainsi que d'un lit dans une auberge de jeunesse, me voilà, tel le chasseur ayant flairé la piste de son gibier, aux aguets pour trouver la
perle rare, l'appartement sympatique, près du centre-ville et encore abordable...
Forcément, je comptais y passer mes journées... pas eux ! Vu que tout le monde travaille, il n'y a rien à faire avant 17h30... Malheureusement, à cette heure-ci, il fait noir, et il est encore
plus difficile de se repérer dans les banlieues. Les bus n'ayant pas de plan du trajet effectué à bord, et aucune carte générale du réseau étant disponible au bureau central. Premier jour :
visite d'un appartement. Il est légèrement inquiétant (notamment le grand trou dans le plafond de la salle de détente avec une bassine en dessous pour récupérer je-ne-sais-quoi). La responsable a
tout d'une dame patronesse qui explique toutes les règles de vie commune, point par point : les autres collocs sont d'ailleurs totalement effacés. Coup de grâce, les amis étrangers sont la
bienvenue mais seulements s'ils dorment ailleurs... Bon, bah je rappellerai !
Deuxième jour : Un peu plus de rendez-vous au programme : il pleut comme vache qui pisse, j'appelle pour avoir la localisation précise à l'heure du rendez-vous, pas de chance, l'appartement vient
d'être loué par une fille qui avait rendez-vous avant moi : grrr 30 minutes sous la pluie pour rien. Retour dans nord de Dublin, visite essouflée d'un appartement (j'ai loupé la station de bus),
RAS ils rappelleront. Visite avancée d'un autre qui est dans le coin : c'est un agent immobilier qui a pigé la combine : il propose des appartements avec Playstation, internet et écran
plasma. Une femme de ménage vient même toutes les semaines. Pourquoi pas, sauf que je ne me sens pas de vivre avec les post adolescents qui regretteraient presque qu'ils n'y ait pas de
cuisinière comprise dans le loyer, même si ses plats ne seront jamais aussi bons que ceux leur maman.
Un peu plus loin de là (c'est à dire 2 km à pied, le réseau de bus est en étoile et donc il est assez difficile de se déplacer sans repasser par le centre : je n'ai pas assez de pièces
de monnaie), visite d'un autre appartement. Sordide et cher : c'est l'exemple typique du couple dans la quarantaine qui pense se faire de l'argent facile (un crédit à rembourser ?) en
profitant de la situation du logement immobilier. Les étiquettes oranges "1€" sont encore collées sur les armoires bon marché. Et la salle de bain donne l'impression qu'on en ressortira plus sale
que propre. Encore un peu plus loin, des nouvelles rassurantes : une colloc d'expatriés : ça pourrait coller : s'ils disent oui, je viens tout de suite.
3e jour : LA visite que j'attends depuis le début : des jeunes actifs, étrangers, super ouverts. Je savais qu'ils me plairaient rien qu'en lisant l'annonce. C'est l'auberge espagnole en vrai : il
y a même une chambre d'amis. Je suis optimiste, mais je vais quand même visiter une autre chambre, située à l'opposé de Dublin : des vrais irlandais : impossible de comprendre quoi que ce
soit au téléphone. L'appart est très bien situé. Nous sommes 5 à attendre en bas pour visiter l'appartement. Dont pas mal de français (la ville est envahie de français d'ailleurs). Les
occupants sont assez pragmatiques : ils ont déjà une liste d'une quinzaine de noms et préviennent : si on ne vous appelle pas, ben c'est qu'on a choisi quelqu'un d'autre...
4e jour : Que des silences ou des réponses négatives. Je commence lundi et je me demande si je serai casé d'ici là. Visite tout de même d'un nouvel appartement le long de la ligne de
Tram. Une véritable porcherie : les gens vivent côte à côte plutôt qu'ensemble : d'ailleurs, je ne fais que visiter et mettre mon nom sur une feuille. Un peu plus loin, je dois en voir un
autre et je retrouve une paire de français (toujours) qui sont aussi à la recherche de la même maison.
Nous sommes accueilli par un homme vers la cinquantaine en robe de chambre kitsch, le torse couvert de poils blancs proéminents. Il ne manquait qu'un médaillon pour que le cliché du vieux beau
soit atteint. L'appartement aurait presque pu convenir, mise à part le cafard qui courrait sur la table de la cuisine... Et alors m'a-t-on dit plus tard à l'auberge de jeunesse : et alors ? c'est
pas génial les cafards, déjà que je n'étais pas fan des blattes mortes sous le papier peint... (private joke - désolé !)
Je sens poindre le découragement, d'ailleurs, je zappe même une visite, parce que je ne comprennais vraiment pas où se situait la maison.
5e jour : C'est Samedi, jour beaucoup plus calme : je réussis tout de même à avoir 2 rendez-vous, à une heure d'interalle dans le même quartier : Un exploit ! Ah... non, c'est la même colloc qui
a publié 2 annonces différentes... Une colloc chouette, un petit peu plus éloignée du centre. Pourquoi pas...
6e jour : Le jour de la dernière chance : demain je bosse. Petit regain d'espoir, j'ai été contacté via un site spécialisé dans les collocations à travers le monde pour me voir
proposer une colloc de rêve. Tous les équipements modernes, en hyper-centre (comme on dit) pour un prix dérisoire. Quelques échanges de mails pour se rendre compte que la demoiselle demande
à signer un contrat avec son avocat, pourquoi pas, demande nos noms et prénoms pour préparer les contrats, admettons, demande en tant que tout préliminaire à ce qu'on paie le loyer pour
montrer qu'on est sérieux (vous en connaissez beaucoup des gens qui cherchent des appartements pour s'amuser, vous ?), alors là ça sent l'arnaque à plein nez. Surtout quand on me
fournit un numéro en anglais pour joindre son lawyer qui répondra à toutes mes questions. Ben voyons...
Ah, 15h, on m'appelle, normal, j'ai envoyé des mails pour prendre rendez-vous avec d'autres personnes, j'ai encore une visite de prévue lundi et une de repoussée au même jour, plus quelques
perspectives. Non, c'est une chambre qu'on m'offre !
Il est donc 15h, et j'ai, après 6 jours de recherches intensives, trouvé une collocation pour les quelques mois que je vais passer à Dublin. Est-ce la fin de l'histoire ? Non, j'ai un peu moins
d'une heure pour réunir le dépot de garantie et le loyer en liquide... Une autre galère commence...
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